Sun Ship

28 janvier 2012

Jeanne Added

J'irai vite car il faut se coucher... Ce soir, Jeanne Added était à Rouen pour son solo remarquable dont nous avons déjà parlé par ici, et qui était même dans les meilleurs disques de l'année. J'y reviendrai pour Citizen Jazz, mais quelques mots jetés ici pour dire que c'est très plaisant de voir une artiste admirée dans ces pages rayonner à ce point, avec cette certitude ancrée que la voie est bonne (la voix, n'en parlons même pas !) et qu'il faut l'emprunter sans retenue...
Et j'assume absolument mon statut de fan de base.

01-Jeanne

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27 janvier 2012

Béla Szakcsi Lakatos & Lajos Kathy Horvath - In One Breath

L'autre jour, en préparant le billet sur Kodaly et les nationalistes hongrois, ainsi qu'en rédigeant un article sur Bela Szacksi Lakatos -à paraitre- pour Citizen Jazz, je suis retombé sur cet album de 2001 qui dit presque tout sur un temps très court -quatre morceaux, 46 minutes- de ces relations intimes entre musiques improvisées et musique contemporaine, entre jazz et musique "écrite". One Breath est l'oeuvre de deux légendes de la musique jazz de Hongrie, le pianiste Bela Szacksi Lakatos et le violoniste Lajos Kathy Horvath. Du premier, il y aurait tant à dire, mais nous en avions déjà parlé pour son duo avec Miklos Lukacs, dans un registre pas si éloigné que ce disque-ci, bien que n'atteignant pas ce degré d'abstraction qui habite les deux improvisateurs. Du second, on peu dire qu'il fut un proche de Yehudi Menuhin et qu'il est peut être connu des amateurs de jazz pour avoir été un compagnon de route de Yochk'o Seffer
Loin du bouillonnant "Az Esküvö" enregistré en 1974 par les deux hommes dans le quartet de Gyorgy Szabados et qui est considéré comme l'une des pierres de rosette du Free européen (il faudra qu'on en recause, un jour !), le duo se place face à la musique de leur apprentissage et face à leur maîtres, non pas pour dresser des ponts ou fusionner les genres, mais bien pour visiter ces contrées qu'ils connaissent et qu'ils visitent en passeur bien plus qu'en conquérants. C'est peut être la grande différence entre Szacksi et Jarrett avec qui il est souvent comparé... Cela n'implique pas une différence qualitative, mais d'approche, c'est indéniable.
Kürtag, Eötvös, Boulez et Ligeti... quatre compositeurs contemporains avec beaucoup de points communs, trois musiciens avec des ascendances hongroises qui ont appris, enseigné ou transmis dans les conservatoires du pays où sont passé les deux improvisateurs. Ainsi, "From the Jazz Side" de Peter Eötvös est un clin d'oeil a ce musicien contemporain et proche qui aura toujours fait du jazz un ingrédient de sa réflexion musicale.
C'est dès Supplication for Everyone, la première -longue- pièce dédiée à Kürtag, le propos est posé. Entre le violon dissonnant et fragile de Horvath et les courtes phrases de Szacksi porte un propos d'une grande nervosité malgré l'apprêt très doux. Il y a au centre de ce morceau un passage presque lyrique ou le piano s'affole dans les tourbillons de l'archet. On retrouvera cet enthousiasme et cette complexité dans "Playing with Piano and Violins", le morceau le plus dense de l'album où le piano ample de Szaksci devise intensément avec le violon tortueux de Horvath. Dédié à Ligeti, ce morceau d'équilibriste visite des rythmiques complexes comme une course en avant. Bien sur, la virtuosité est là, évidente. Mais elle n'est pas une fin en soi. Elle est un moyen d'arriver à cette mise en danger permanente qui anime les deux hommes, cette course sur le fil de l'improvisation, sans chute ni temps morts. D'un seul souffle. Un disque indispensable à qui aime la musique sans étiquettes !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

04-Pierre

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26 janvier 2012

Voeux pieux

Dans ses habituels voeux à la Culture, les derniers de ce mandat, le Président de la République a choisi Marseille pour continuer sa campagne faire le boulot qui devrait revenir logiquement à un ministre de la Culture, manifestement consigné au rôle de porteur de gerbe pour artistes morts... Cela, on l'avait prédit dès son arrivée ; on s'imagine ministre romantique et l'on finit nécrologue-en-chef comme le dernier échotier des bas-fonds de France-Dimanche. Laissons-le de côté. Ses voeux à lui, quelques jours avant, avait l'odeur d'un -dépôt de- bilan dont il conviendra à chacun de juger de la délétère vacuité ou pas. Pour le reste, il n'y aura qu'à se référer au futur programme de l'UMP.
Visiblement, la fermeture sans fondement de Megaupload -adieu, moi qui ne télécharge pas, les échanges légaux de fichiers et de maquettes entre copains pour connaître l'avancée du boulot ou donner des conseils...-, qui nous avait valu un bien incompréhensible satisfecit de la part du Château a donné des ailes aux rédacteurs du discours. La défense des artistes pour attirer leur sympathie, celle que ne lui témoigne que quelques poussah mainstream délocalisés en Suisse, témoigne toujours de ce gramscisme mal compris : on remporte la victoire quand on impose les mots, pas quand on fait la bise à Mireille Matthieu. Et puis, il faudrait lui dire. La reconversion en grand protecteur de la chose culturelle est tellement grosse que l'on dirait du David Douillet. N'oublions jamais que celui qui "change" au gré des rendez-vous électoraux "souffrait sur" madame de Clèves et tentait de faire jouer du Rika Zaraï aux représentants israéliens au début de son mandat.
Boosté par le "succès" megaupload auquel il n'est pour rien, on assistera à un véritable numéro de cirque pro-hadopi sur lequel on ne va pas revenir. Sachons seulement que le pauvre "esprit" de Malraux fut une nouvelle fois convoqué dès le second paragraphe. puis qu'il fut question de Pompidou Mobile. Ou peut être si, il faut y revenir un peu. Juste sur deux phrases qui en disent long, au delà de la politique, sur ce rapport magnétique à l'argent et sur les distances prises avec la réalité.
"Est-ce que l'on respecte ce qui est gratuit ?". Doit on le commenter tant on connaît sa réponse, tant rien ne semble moins compter que l'argent... A cette morne question digne des pires clichés du Bac, opposons donc une autre question : "Est-ce pour ça que le problème des intermittents a été traité dans le plus profond mépris ?"
Et enfin, la plus belle. "La différence entre Mozart et le créateur contemporain, c'est le droit d'auteur. Des millions de "clics" de pirates pourraient remplacer les caprices des princes..." ; peut-être aura-t-il découvert Milos Forman récemment. Le parallèle entre un internaute qui télécharge "Les Experts Miami" et ce bon vieux Hieronymus Colloredo prêterait à rire s'il ne recouvrait pas un inversement incroyable de la réalité. Qui méprise qui aujourd'hui ? Qui ne signe pas les artistes ? Qui se remplit les poches avec la médiocrité la plus crasse ? Les majors ou ceux qui téléchargent ?
Comme pour boire le calice jusqu'à la lie, il reste encore une "grande oeuvre" culturelle à boucler pour ce quinquennat. Le Centre National de la Musique. Cette sorte de Centre National du Cinéma adapté à la vite, celui-là même qui a externalisé les subventions, et a, de fait, favoriser les grands studios. Une sorte de "machin" né d'aucune concertation qui verra le jour avant avril. Un CNM né d'un rapport public plus que contesté rédigé par un concessionnaire auto et un chanteur pénible. Observé sur le seul prisme économique en obérant absolument la création et le devoir absolu du ministère de la Culture de préserver ces marges qui sont tout sauf financières, ce CNM ne sera qu'une grande usine à normaliser. En bref, un sorte de condensé de cinq ans de Culture.
C'est pour toutes ces raisons que j'ai signé cet "appel des 333". Je vous invite à faire de même. Parce que quoi qu'il arrive, on sait qu'il faudra se battre.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

07-Rockstar

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23 janvier 2012

Stone Quartet - Live At Vision Festival

Véritable réunion de légendes de la musique improvisée, le Stone Quartet, ce groupe où la contrebassiste Joëlle Léandre côtoie trois New-Yorkais, avec qui elle joue dans cette formation depuis six ans, propose un troisième album enregistré Live dans un festival étasunien. On y retrouve avec plaisir, pour l'accompagner, le violoniste Mat Maneri, ici au seul alto, la pianiste Marilyn Crispell et la trompette de Roy Campbell. A eux quatre, les musiciens doivent avoir joué avec toute la galaxie de la musique improvisée, de William Parker en passant par Barre Phillips.
Ce Stone Quartet tient son nom d'un club New-Yorkais, mais dans les albums précédents comme dans celui-ci, l'analogie avec la Pierre est aussi largement présente. Par son rapport à la matière, sa solidité et son aridité, le quartet sédimente une musique complexe et en constante renaissance qui infiltre la masse du silence. La personnalité très forte d'une musicienne comme Joëlle Léandre apporte également une dimension volcanique parfois sous-jacente, comme une coulée endormie qui ne demande qu'à s'enflammer.
On aurait pu déjà parler du Stone Quartet si j'avais eu le temps de me rendre au concert qu'ils ont donné en 2011 dans le cadre de Banlieue Bleue. Le concert, comme celui capté au festival Vision pour le label Ayler Records, fut parait-il mémorable... De toutes les façons, tous les festivals auxquels le quartet a participé a notoirement fait grimper le nombre d'épithètes laudateurs chez les chroniqueurs musicaux. Autant le dire, quitte à tuer un bien mince suspens, Live at Vision Festival va connaître ici le même sort.
Composé de deux morceaux, deux « visions » improvisées où la discussion intense entre musiciens qui se connaissent par cœur atteint souvent des sommets, le Stone Quartet impressionne par sa capacité à multiplier les prises de paroles communes et les apartés, les moments de collusions et les face-à-face spontanés. La force de l'ensemble est d'avoir, chacun, connu des moments de duo respectifs ; le carré est parfait car les affinités électives s'entremêlent pour créer le point d'union de cette musique, non loin du point de rupture. En mouvement sur une brèche à la fois aiguisée et solide...
Tout commence dans cette « Vision One », longue comme un manifeste. Avant de se faire rejoindre par le piano de Crispell et la trompette toute en tension de Campbell, le duo de cordes et d'archets de Maneri et Léandre, qui tangente l'album sans jamais faiblir dans son intensité, créé une atmosphère d'une incroyable richesse. Dans la recherche de sympathie des timbres de l'alto et de la contrebasse, comme dans l'énergie de ces cordes frottées, Léandre et Maneri fondent une musique en liberté qui traverse l'univers de Berg ou de Schöenberg, entre autre. Entre la fragilité claudicante de l'alto qui visite une musique microtonale et l'autorité bouillonnante de Léandre, le dialogue s'instaure dans des claquements fermes de cordes et des archets fureteurs. Cette discussion est la colonne vertébrale du Stone ; c'est même son identité...
En parallèle à ce dialogue, le piano de Marilyn Crispell, véritable pierre angulaire de cette improvisation, vient éclairer un peu plus ce propos en recherchant un liant constant, et en libérant par là même la fougue de la contrebassiste Il faudra pour s'en convaincre s'imprégner de la voix de Joëlle dans le dernier tiers de « Vision One », au milieu de la flûte de Campbell, avant de s'offrir un solo magnifique tout en pizzicati, pour envisager le rôle majeur de la pianiste.
Au milieu de tout cela, Roy Campbell est plus sombre, jouant la rupture et l'empourprement. Assez discret dans la première partie de « Vision One », il prend peu à peu la parole, notamment dans sa relation privilégiée avec Crispell. Ce sera d'autant plus flagrant dans un « Vision Two » sépulcral qui fait suite aux dispositifs de tensions apparu dans les dernières minutes du premier morceau, qui libèrent l'acrimonie des autres comparses.
Live at Vision Festival est disque entier et intransigeant qui consacre quatre musiciens d'exceptions qui savent jouer ensemble sans faux-semblants ni virtuosité mal placée. On remerciera encore Ayler Records de l'ami Stéphane Berland d'avoir encore une fois été dans le bon coup et de soutenir ce disque qui permet encore une fois de constater l'insolente bonne santé des musiques improvisées.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

102-Garance

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17 janvier 2012

Frank Zappa & The Mothers Of Invention - Carnegie Hall

S'il y a bien, parmi mon panthéon personnel UN musicien qui compte plus que les autres, il s'agit de Frank Zappa, qui tangente à peu près tout ce que j'écoute depuis plus de vingt ans. Je l'ai déjà raconté ici, Hot Rats a été le premier disque de Zappa à m'être passé entre les oreilles pour une cristallisation absolue. Quand Zappa est mort, j'avais 19 ans ; autant dire que je ne l'ai jamais vu sur scène. Quand je lis cet article de l'ami JJ Birgé ou entend des témoignages de potes à peine plus âgés qui me raconte Zappa sur une grande place de Rouen, je pleure... Bénéfice de l'âge, même si la période rock des années 81-84 me laisse froid -mais cependant bien plus chaleureux que la plupart des "génies de la pop" de la même époque...
Depuis sa mort, je n'ai pas acheté les sorties posthumes hormis Civilization Phase III et Läther (avec un contexte très particulier...), parce que les disques avait été supervisés par l'artiste. Le reste ne fut, jusqu'au début de la décennie, que des coups commerciaux. Depuis 2010 sont sortis trois disques intéressants qui témoignent d'un parcours ou du génie scénique du compositeur. Je me refusais à les acheter dans ce réflexe anti-collectionnite qui me prend parfois. Jusqu'à la sortie inattendue de ce live de 1971 au Carnegie Hall de New-York. Un enregistrement un peu spécial, en un luxueux mono qui ne dérange pas l'écoute, avec la première partie du groupe vocal The Persuasions, à l'époque produit par Zappa... Ce qui en dit long sur la capacité syncrétique du bonhomme.
1966-1979 est pour moi, dernière période mis à part, la plus riche de Zappa. Parmi celle-ci, l'année 1971 est certainement, sur scène, la plus réjouissante (le Carnegie Hall se trouve de facto à la suite de deux lives dans la discographie chronologique, Fillmore East en juin et Just Another Band From LA en août). Parce qu'elle se termine par l'incendie de Montreux (le fameux "Smoke on the Water") et l'agression de Londres qui laissa le guitariste invalide pendant neuf mois ?
Au regard de ce que Zappa a composé après ces catastrophes (Waka-Jawaka et The Grand Wazoo, pour citer les plus proches), on peut se demander si cette gestation n'était pas toute symbolique. Les Mothers de cette époque, ce septet qu'on retrouvera à l'identique sur Just Another Band From LA, est l'un des plus efficace et des plus foutraque. A commencer par la présence de Volman et Kaylan, les "Flo & Eddie" à l'humour grinçant et à la voix de fausset qui composait The Turtles avec le bassiste Jim Pons, de ce line-up aussi... Mais on notera également la présence des fidèles :  Don Preston aux claviers (le même que pour Escalator Over The Hill de Carla Bley), Ian Underwood aux claviers et à l'alto et Ainsley Dunbar à la batterie. Une partie de ceux qui enregistrèrent Chunga's Revenge, un album moins connu et pourtant décisif...
Lorsqu'on regarde le déroulement de cet album après cette première partie d'une vingtaine de minute, on ne découvre aucune surprise musicale : Des morceaux mythiques de Hot Rats ("Peaches in Regalia"), de Uncle Meat ("King Kong", dans une version de 30 minutes qui s'offre le temps de détricoter la masse orchestrale) ou de Chunga's Revenge ("Sharleena"). Ce qui est très intéressant dans ce live, et ce qui diffère des live pré-existant, c'est l'absence de collages atemporels ou d'overdubs. Il n'y a pas de director's cut. Carnegie Hall est présenté brut de décoffrage, sans coupure. C'est un vrai témoignage de la liberté et de la créativité du maître. C'est surtout un vrai plaisir
Pour la petite histoire, on notera qu'il y a dans ce live également trois pièces majeures de Zappa, hormis "King-Kong" : la création New-yorkaise de "Sofa", qu'on retrouvera quelques années plus tard sur "One Size Fits All", un "Call Any Vegetables" de folie... Mais surtout, sur la dernière face de ces quatre CD une version très étendue de "Billy The Mountain" qui reste à mon sens l'une des premières composition contemporaine de Zappa.
Certes, on pourra trouver ce Carnegie Hall très anecdotique et réservé aux fans. C'est dans un sens absolument vrai. Mais cela reste aussi un incroyable témoignage de l'énergie des Mothers et -fait non négligeable- de leur absolue modernité.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

03-Place-d'Espagne

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16 janvier 2012

Bloc-note

Hier, pendant que ma fille s'évertuait à faire communiquer ensemble une poupée et un cochon de ferme de marque playmobil en tenant un discours d'une rare intensité dans un babile encore incertain quoique de jour en jour plus précis, je lisais le très beau livre "Jack London photographe" qui regroupe des photos de ses voyages et de ses reportages. Parmi eux, ces photos de l'East End en 1907 qui a donné le livre "Le Peuple d'en bas".
Incroyable comme ces photos qui ont cent ans paraissent d'une glaçante modernité ; car pendant que les pythies de bimbloteries nous jouent la scène de la dégringolade et de la crise-dans-le-poste, les soupes populaires se ressemblent. Dans le texte qui représente ce reportage, je découvre une citation de Jacob Riis, un journaliste américain d'origine danoise qui fit un travail sur les relégués du rêve américain : "Formulons-le ainsi : vous ne pouvez pas laisser les hommes vivre comme des porcs quand vous avez besoin de leur suffrage d'homme libre ; c'est dangereux. Vous ne pouvez voler à un enfant son enfance, son foyer, son bien-être et compter sur son humanité quand il sera devenu électeur"... J'aimerai pouvoir lui dire, cent ans plus tard, qu'il a raison et que l'histoire se répète foutrement...
Mais non, plutôt non. Il y a plus retors : la non-adhésion et le dégoût de la politique, tellement plus efficace pour voter entre-soi. Je regardais encore avec amusement il y a 10 ans les "Don't Forget to Vote" manuscrits sur chacune des pochettes de Zappa... On y est arrivé ici aussi et il me manque d'autant plus fort...
Pendant que Les Mothers of Invention hurlent "Billy The Mountain" dans le séjour, accompagnés de dandinements satisfaits de la progéniture m'enjoignant à penser que les chiens ne font pas des chats, quelques rédactions enfiévrées sont en boucle sur l'évaluation d'un cabinet d'expert-comptables encravatés et sèment la peur. Marrant comme il me semble à la fois que ce qui se passe est gravissime et en même temps absolument dérisoire. Dérisoire car on sait depuis tellement longtemps que ce système est autophage que c'est amusant de le voir finir de se bouffer les mollets. Inquiétant parce que le Yalta de café-concert qui se joue touchera les spectateurs hébétés avant d'emporter les comédiens. Les évènements dictés par des experts aussi crédibles qu'un arbitre de patinage n'angoisseront que ceux qui rêvent encore d'une démocratie où l'on peut encore s'élever ; les autres, au fond, savent...
Savent que la casse va continuer quoi qu'il arrive, qu'il va falloir se battre mais qu'au fond la ritournelle nous anesthésie tous à différents degrés. Reste la musique, les livres et la transmission comme derniers sports de combats un tant soit peu pacifiques...
Après...
Parler culture et émancipation dans cette résignation donne parfois le sentiment d'attaquer une banque au pistolet à bouchon ; voir des scènes de liesse dans la rue et des postures d'acte politique pour un marchand de téléphone en dit long sur le boulot à faire. Le Hold-up qui se fait devant nos yeux nous laisse à la fois sans voix et avec cette impression -est-ce de l'espoir mal planqué- que ce système ressemble à celui de Erich Honecker en 87 ; de Daladier en 38, les jours maussades. Parler de culture quand des ministres parlent de baisser les salaires et de sucrer une semaine de congés, ou quand des usines crèvent, on pourra trouver ça indécent. Mais chacun se bat avec les armes qu'il aiguise le mieux et c'est au contraire un bel outil de résistance. A condition bien sur de ne pas le brader au premier miroir aux alouettes venu. Il parait que le A perdu qui fait pleurer les éditocrates coûtera au pays le prix du ministère de la Culture... Dire que le bouclier fiscal de madame Bettencourt coûtait le prix de trois festivals d'Avignon ! Je crois qu'il faut lire la magnifique tribune de Pierre Sauvageot pour bien comprendre les enjeux... "Pour que l'Art soit utile, il ne doit pas être utilisé", dit-il. Mieux, il doit être libéré.
Comme nous tous, en fin de compte.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir. Sans doute.

19-Garance

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06 janvier 2012

Kodaly et les nationalistes hongrois

Ce qui arrive en Hongrie aujourd'hui n'est pas seulement un épiphénomène de la crise financière orchestrée pour pressuriser le chaland et faire galoper la spéculation. Ce n'est pas le mauvais vaudeville syldave décrit par quelques commentateurs aussi visionnaire qu'un Jean-Marc Sylvestre Borgne devant la Banque Alimentaire. C'est un laboratoire très inquiétant de ce qui se trame en Europe entre une classe prête à tout pour garder ses privilèges et des populistes éructants qui dictent des actes faisandés, comme pour prendre leur revanche sur l'Histoire. Il faut pour s'en convaincre lire cet article de septembre dernier de l'excellent site MyEurop et de lire celui-ci pour la France (qu'on saura trouver en lien sur le premier lien, magie du mot-clé hypertexte...).
Attention.
Il ne s'agit pas de comparer la situation française à la situation hongroise. Ce n'est ni le même niveau, ni le même moment, ni la même histoire. Il s'agit juste d'une tendance, mortifère, à l'asservissement. Elle est soutenue par la propagande, plus finaude qu'il y a 60 ans. Il n'y aura qu'à comparer les actuelles gesticulations autour de Jeanne d'Arc en France et de Szent István (St Etienne, le "fondateur de la nation hongroise"). Cela n'excuse en rien les considérations nullardes sur l'origine du petit président et la situation hongroise actuelle, faite par des comiques troupiers qui ne se rendent même pas compte de la portée raciste de leurs vannes.
Depuis des mois, j'observe avec tracas ce qui se passe dans cette Hongrie que j'aime et qui est depuis le XIXème siècle à la fois le thermomètre et le pôle centripète de l'Europe. Il est peu de dire que la fièvre est là. Budapest est une capitale fabuleuse, pleine d'histoires et d'échanges. S'il existe un carrefour entre l'Orient et l'occident, il est à cheval sur le Danube ; c'est d'autant plus déplorable de la voir se donner à de tristes sires et se couper de ce qui a fait son rayonnement : le cosmopolitisme et les passages multiples dans ce pays occidental à la langue de nomades asiatiques...
C'est sans doute à la lecture d'un papier -que je ne retrouve pas- qui expliquait que les nationalistes hongrois se repaissaient de chant traditionnels "nationaux" que j'ai décidé d'écrire ce billet ; parce que si la musique n'explique pas tout, si elle n'est qu'un épiphénomène de ce qui est entrain de se tramer, elle éclaire un peu la réflexion. Je ne suis pas musicologue (loin de là), mais j'ai observé, écouté et lu. La musique, pour la plupart des hongrois, n'est pas qu'un des beaux-arts, mais plutôt un trésor national ; c'est le discours de compositeurs contemporains comme Peter Eötvös.
Depuis les années 30, beaucoup de hongrois sont persuadés -et cette persuasion a longtemps été une doctrine d'état- que les roms et le klezmer leur ont "volé leur musique" en s'appropriant la musique traditionnelle de l'Europe centrale. En réalité, les échanges et le nomadisme ont été tels dans cette région que tout s'est mélangé dans un joyeux et un heureux foutoir. "Il n'y a pas de frontières en musique, les portes sont ouvertes à tous, pour de vagabonder librement dans les différentes musiques et les différentes cultures... Les différents courants artistiques ont convergés, ce phénomène désoriente le public et rend la communication moins claire. Cette disparition entre les genres ouvre à l'infini de nouvelles perspectives pour les artistes contemporains (...) et principalement dans le domaine de l'improvisation musicale". C'est Elemer Balasz, l'un des plus grand défricheur actuel de cette musique traditionnelle qui le dit. L'approche de cette mémoire, quand elle est faite avec la même rigueur que l'historien est la meilleure des bases pour appréhender le monde et la musique contemporaine, qu'elle se nomme jazz ou pas. C'est cette idée de la porosité, de l'échange, de la transmission qui a forgé aujourd'hui la cohorte de grands musiciens de jazz magyars défendue par le label Budapest Music Center ; l'un des précurseurs historiques de cette scène, depuis les années 50, Bela Szakcsi Lakatos, est d'ailleurs l'un des grand collecteur de la tradition rom dont il est l'un des héritiers.
On aura l'ironie d'en rire.
Sous le régime stalinien, Bela Bartok et Zoltan Kodaly sont devenu des héros nationaux. Leur musique a été enseigné à tous les petits hongrois. Pas seulement grâce à leur rayonnement mondial, mais surtout pour leur travail de collecte des musiques traditionnelles et populaires hongroises et l'injection de celles-ci dans l'approche musicale contemporaine, fondant sans le vouloir un décorum nationaliste déjà présent avant-guerre.
On ne s'attardera pas sur Bartok, pour s'attacher à Kodaly.
Chez BMC, un label qu'il va falloir soutenir encore plus, un hommage à Kodaly avait été enregistré, entre autres disques de classique reprenant ses oeuvres. Mihaly Borbely, loin de la récupération nationaliste, y célébrait l'oeuvre d'un ethnomusicologue ouvert et résolument contemporain, posant la question des racines, qui n'est pas celle des frontières.
Kodaly n'est pas un héros. C'est un musicien de génie qui s'est intéressé et a théorisé la musique populaire de son pays et l'a transcendé. A ce titre, il a connu une paix assez royale avec les régimes dictatoriaux successifs, du fait de son statut à partir des années 30. Il est cependant absolument dégueulasse d'imaginer Kodaly récupéré par les fachos du Jobbik, ces faux-amis du FN. J'écoute en écrivant le "Psalmus Hungaricus" de Kodaly ; le pire des sophistes arrivera sans doute a nous expliquer que ce psaume hongrois a été composé à partir d'un poème de Mihály Kecskeméti Végh, poète du XVIème siècle qui l'a écrit pour dénoncer le joug ottoman. Nul doute qu'il est des névrosés pour le penser.
"Je voudrais plutôt habiter dans le désert, ou parcourir la forêt sauvage, que demeurer parmi ceux qui ne me laissent pas dire la vérité." (ou "Akarok inkább pusztában laknom, Vadon erdıben széjjelbujdosnom, Hogynem mint azok között lakoznom, Kik igazságot nem hagynak szólanom" si vous voulez briller en société). On sent déjà le nationaliste s'exciter.
Hélas... Kodaly a écrit le Psalmus Hungaricus en 1923, pour le cinquantième anniversaire de l'unification de Budapest. Il était à l'époque au ban du pouvoir pour avoir soutenu la révolution communiste de Bela Kun, en 1919. Les vers de Végh, détournés, s'adressaient au pouvoir en place, tenu d'une main de fer par l'amiral Horthy, le même qui accueillit à bras ouvert Hitler.
Horthy est aujourd'hui l'un des modèles affirmé du Jobbik. Les mêmes qui se pavanent sur la musique collectée par Kodaly, au nom d'une "grande Hongrie" qui n'aura existé que dans leurs névroses. La musique n'est peut être pas politique, mais elle permet souvent de mettre en perspective les choses. Plus que jamais, il faut être au côté des hongrois qui se battent contre Orban ; parce qu'il n'est pas question que de musique.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, mais en fait, si. Parce qu'une synagogue avec des minarets, ailleurs qu'à Budapest, vous chercherez ;-)

22-Grande-Synagogue-exter-1

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04 janvier 2012

Mahieux "Family Life" Quartet - Peaux d'âmes

C'est un plaisir de retrouver après plusieurs années d'absence le quartet du trop rare Jacques Mahieux, batteur remarquable, compagnon de route de Texier ou de Barthélémy. A fortiori sur le catalogue des amis lillois de Circum, décidément souvent dans les bons coups ces derniers temps et jamais là où on les attend.
Peaux d'âmes est un album très personnel autour des batteurs mythiques, de leur musique ou de l'évocation dans des morceaux écrits par Mahieux lui-même. On a toujours dit pis que pendre des batteurs et de leur prétendue absence de musicalité. En neuf morceaux conçu par un orchestre qui se partage entre respect de la tradition et exploration des voies possibles pour la transcender, Mahieux réalise un travail d'orfèvre. Le résultat est l'une des belles surprises de la fin de l'année 2011 et le premier coup de coeur de janvier...
Le quartet "Family Life" de Mahieux est nommé ainsi du fait de la présence de son fils à la contrebasse. Nicolas Mahieux est également le contrebassiste du Circum Grand Orchestra en compagnie d'Olivier Benoit que l'on retrouve ici à la guitare. on notera également côté nordistes la présence en tant qu'invité de Jérémie Ternoy, membre de Vazytouille et que l'on avait beaucoup apprécié dans l'album Bleu de Grimmonprez. Pour fermer ce quintet, on retrouve la saxophoniste Géraldine Laurent qui remplace Vincent Mascart, le soufflant de Franche Musique, le premier album du quartet en 1999.
La présence de Laurent peut surprendre au milieu de ces musiciens issus d'un jazz plus contemporain que ce qu'elle enregistre à l'accoutumée. Mais le son ouaté de son saxophone (notamment sur le beau "Mirrors" de Joe Chambers), tout comme sa capacité à s'enflammer en un instant au milieu d'une électricité pugnace (le très enlevé "Punt" de Joey Baron avec le rhodes et la guitare) en font la compagne idoine d'Olivier Benoit. On choisira, pour s'en convaincre le très court "45° Angle" où les deux musiciens semblent parler d'une même voix avec une autorité toute Colemanienne, accompagné comme il se doit par les balais tranchants de Jacques Mahieux.
Incroyable Benoit ! Même dans un registre plus classique, sa guitare cherche, cogne, hurle, s'enferme dans des ostinati brûlants et captive tout en même temps. Comme dans le récent Furrow, il traverse l'album comme une comète sans jamais se mettre en avant ou confisquer la parole aux autres. Au contraire il part en éclaireur pour offrir l'écrin idéal à ses comparses. C'est le cas dans "Mank de Monk", après que Nicolas Mahieux lui ait ouvert la voie avec un solo très fluide. Lorsqu'il retrouve son comparse Ternoy au Rhodes, comme dans "Station Debout Pénible" qui est le somment de l'album, il se créé une ligne de tension que vient échauffer Géraldine Laurent, et un dialogue extrêmement riche avec une base rythmique en tungstène.
Mahieux père et fils se trouvent sans se chercher. Ca peut paraître une évidence, mais leur complémentarité est évidente. L'exercice de style du batteur qui consiste à s'imprégner du jeu du batteur qu'il célèbre oblige Nicolas à passer régulièment d'un jeu sec à un ton plus musical avec une souplesse étonnante. Constamment à l'écoute de ses musiciens, le batteur invente, commente, digresse avec un plaisir évident. La musicalité de Jacques Mahieux est cependant de chaque instant et s'exprime en liberté dans le beau "Pee Wee" de Tony Williams... Mais c'est certainement sur "Be Serious" de Robert Wyatt que la liberté du batteur s'illustre avec le plus de force. On est heureux de retrouver sa voix de rocaille posé sur les pizzicati de son fils, comme une revanche ultime de la musicalité de ces batteurs magiciens. Peaux d'âmes est un bien beau voyage au pays des cymbales...

Et une photo qui n'a strictement rien n'à voir...

42--On-a-marché-sur-la-Treille

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03 janvier 2012

A Vendre

Chaque intervention de notre cher Ministre en papier-bible laisse toujours l'observateur de la chose culturelle entre colère et consternation. Parfois, la balourdise de certaines décisions prises d'en haut sont d'un tel dogmatisme qu'elles en deviendraient attendrissante.
On pourrait se prendre à rire.
Pas longtemps hélas. S'il y a bien un reproche à ne pas faire à cette mandature en phase terminale, c'est sa constance en terme de marchandisation de la culture. De Hadopi aux intermittents en passant par la hausse de la TVA sur le livre, chaque mesure aura conduit à la déréliction et au rétrécissement de l'offre culturelle, voire à son travestissement.
La récente rencontre entre le ministre et le Medef sur la question du mécénat culturel à le mérite de la franchise. Dans ces temps troubles où la dette de la dette tous les soirs à la télévision tient la bride bien serrée et nous gave de rigueur budgétaire -pour les mêmes-, il ne faut pas être grand clerc pour deviner où vont se faire les économies. Elles se feront dans les poches des plus pauvres, d'abord, parce que c'est ainsi que TINA fait. Elles continueront dans les dépenses jugées superfétatoires. Le tout orchestré par ceux en capacité de spéculer sur l'art moderne. Par ceux capables de soutenir les badernes médiatiques. Par ceux qui applaudissent aux ventes de luxe... Les spéculateurs. Fini, l'accès à la culture, le soutien à la création et le mécénat des expressions de marge. Trop cher.
Car ce qui coûte ne rapporte rien. Le Darwinisme économique -et le sophisme de compétition- l'affirme. Ce qui ne rapporte pas doit mourir.
Si possible en silence.
Dans un pays où de sémillants bateleurs comme Stone et Charden sont affublés du plus grand honneur national, on peut effectivement s'accorder à dire que notre napoléon tout droit sorti d'un top à la une spécial Joe Dassin a tenu sa promesse ; tout devient possible... Stone et Charden, voilà de la qualité française digne et populaire. Voilà de l'art hexagonal. On se prend chercher le salami vainqueur du comice agricole... Avec eux ou d'autres, allons-y, balayons la culture, puisqu'après tout les nourritures terrestres ne sont pas autre chose que de la poussière sous le tapis. Les idées ? Juste bon pour la com'. Les tableaux ? faire un magnifique vestibule dégoulinant de fric pour impressionner le pécore. On appelle ça le soft power, parait-il. La musique ? Vendre des basket ou agiter des glandes sudoripares. La littérature ? Voyez avec Guillaume Musso...
Avec une vision comme ça, pas étonnant de se retrouver dans un pince-fesses avec des marchands de ferraille à deviser de la Culture. Car depuis le 6 décembre, on sait que c'est bien avec le syndicat des patrons que va se discuter la Culture de ce pays. On y trouve beaucoup de bla-bla avec la main-sur-le-coeur-la-culture-c'est-la-vie... Puis soudain, deux phrase qui disent tout du désert qui s'annonce :
"Établir un diagnostic partagé sur la situation de l'économie de la culture en France, avec pour objectif d'en éclairer les enjeux en termes de compétitivité et d'attractivité et Analyser en quoi la culture peut constituer un moteur de la croissance, créateur de valeur ajoutée et d'emplois"...
Pour ceux qui ont la chance de ne pas entraver la novlangue de nos "décideurs", une traduction rapide :
" On va trier, que vous le vouliez ou non, ce qui rapporte et ne dérange pas notre idéologie. Les crasseux qui font des trucs qu'on ne comprend même pas, on les oublie. Ce n'est même pas classe et ça rapporte des clopinettes. On veut vous imposer deux-trois têtes de gondoles qui vont permettre de spéculer à outrance dans des salles des ventes. Ce sera suffisamment flatte-couillon pour que vous vous pâmiez aux ordres. Au mieux, on pourra en faire des produits dérivés pour les gogos, du set de table au porte-clé. Au pire, ce sera dans les coffres. Il faudra que ce soit un peu populaire quand même, comme l'impressionnisme. Comme ça, on pourra embaucher plein d'intermittents à vil prix et faire des fêtes. Parce que c'est bien, ça, les fêtes."
On n'a pas fini de voir des larmes de crocodile de ceux qui se lamente du désintérêt des français pour la Culture ; dans les mains de ces gens là, elle n'attirera personne. Ou alors par désoeuvrement, comme on va au centre commercial...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

12-Grimal-4

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01 janvier 2012

Bonne année 2012 !

Pendant que certains psalmodient sur cette année autoproclamée "fin du monde", en espérant seulement qu'elle soit fin d'un système, d'une civilisation du profit, il est l'heure de la traditionnelle confession des bonnes résolutions.
Je serai bref.
En cette année rituellement agitée en France par la politique, je vais essayer, non pas de me positionner -je ne trompe plus personne, de toutes façons- mais de commenter les promesses culturelles de chacun. Je l'avais déjà promis et je ne l'ai pas fait, c'est vous dire si c'est fiable et si j'espère en un quelconque changement de fond -de forme, sans doute- de ce point de vue. On va essayer également de reprendre les déambulations et les idées fugaces sans but ; pas sur que j'en aie le temps, mais l'envie est là...
pour les chroniques de disques, je ne peux pas promettre de faire mieux. Entre CJ et ici, j'ai chroniqué 106 disques en 2011. Sans compter ceux que j'ai laissé sur le chemin faute qu'il me plaise, ça fait deux disques écoutés à fond -au moins six écoutes dont la moitié à ne rien faire d'autre, une dizaine d'écoute minimum pour les pépites...- à ne faire que çà. C'est la limite.
Bonne année 2012 à tous et toutes. Elle promet d'être remuante. On essaiera de s'accrocher à la bride. Mais surtout, bonne musique pour ceux dont c'est le refuge. De ce que j'entends en ce moment, le cru s'annonce prometteur.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir... Même si en ce moment, j'ai du mal à voir d'autres intérêts à ce début d'année :)

66-Garance

Posté par Franpi à 22:42 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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