Sun Ship

18 novembre 2017

Roberto Negro - DaDaDa Saison 3

Roberto Negro est un fabuleux conteur d'histoire, nous ne nous lasserons pas de le dire. Le genre de musicien pour qui la narration fait partie intégrante de sa musique et pour qui les musiciens qui l'accompagnent doivent être autant d'unités de lieux et de temps du fil de ses compositions. Et ceci que ce soit des histoires complètes, linéaires, comme ce magnifique Birdy So auquel nous revenons toujours et qui sera à coup sûr un des faits marquants de cette décennie dans nos musiques ou des miniatures comme ce DaDaDa Saison 3, nouvel équipage en trio pour le pianiste piémonto-orléannais.
Saison 3 comme une série, avec ses épisodes et ses coups de théâtre. Ce n'est pas fortuit.
Dans ce disque paru chez Label Bleu, comme aux meilleurs temps de la fin du siècle passé, tous les morceaux sauf le très vaporeux "Gloria é la poetessa" où le piano nous accueille dans une atmosphère satienne sont au format chanson. Peu dépassent les quatre minutes. Peu de temps pour installer une histoire, certes, mais c'est sans compter ses partenaires, deux fabuleux créateurs qui s'unissent à Negro pour créer des climats étranges, oniriques, parfois turbulents dans lesquels ils sont comme chez eux.
Emile Parisien et son saxophone soprano est une arrivée presque naturelle dans l'univers du pianiste, pour toutes les bonnes raisons du monde : même génération, même fougue tempérée par un soucis du collectif, et surtout même approche à la fois moderne et sans limite qui s'attache à une certaine révérence du passé et des traditions. On entend ici l'Emile de son duo avec Vincent Peirani ; un Emile facétieux mais concentré, dynamiteur mais constructif. Bref un musicien complexe capable d'un jeu simple et efficace ("Brimborion", aussi joli mot que musique).
Un morceau comme "Bagatelle", où le verbe fleuri du soprano entre parfois en collision avec un piano perclu d'effets et de trifouillages des cordes en est exemple. Il y en a d'autres, avec plus de retenue ou de distance, comme le très beau "Ceci est un Merengue" où Parisien souligne les contemplations du piano dans une galaxie d'électronique.
Mais "Bagatelle" est une véritable construction tripartite avec le percussionniste Michele Rabbia qui clôt le triangle avec la foultitude d'objets, de sons, de transformations, de mutations électronique dont il est capable. Parfois il s'intègre parfaitement et prolonge le propos par quelques interventions pleines de relief ("Shampoo"). D'autre fois, il disparaît et son silence est presque éloquent dans l'attente de la pulsation ("The Upside Down"). On se souvient de son travail récent avec Federico Casagrande. Ses interventions ici, toujours en ponctuation, sont du même acabit, très colorée voire chamarrée mais souvent impalpable ("Poucet", un peu comme les cailloux déposé par le personnage du conte).
DaDaDa est un bel équipage et un très bel album qui confirme ce qu'on savait déjà : Roberto Negro est un grand compositeur dont on aime l'univers. Et tant pis si la saison 3 nous arrive en premier : c'est le propre des grandes séries que d'être captivante dès les premiers instants, quelle que soit l'intrigue...

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17 novembre 2017

Alexandra Grimal / Valentin Ceccaldi / Benjamin Duboc - Bambú

On a la certitude de tenir une oeuvre musicale hors du commun dans deux cas, très précis : lorsque vous adhérez totalement, absolument, sans réserve au propos qui vous parle aux tripes. A l'inverse, quand il y a un dérangement qui n'est pas une répulsion, mais une résistance, une élasticité, une volonté de ne pas se livre tout de suite, de se montrer rétive, revêche, complexe.
C'est rare quand c'est un peu des deux, voire les deux en même temps : c'est à dire une fascination immédiate, mêlée d'une certaine jouissance lorsque tel ou tel instrumentiste se livre à une soudaine prouesse, mais également une ombre. Une forme d'inquiétude, de turpitude.
Quelque chose qui reste mystérieux malgré les écoutes successives tant le sentiment d'intensité est là, malgré le calme relatif qui règne, parfois aux franges du silence ou totalement dedans. Quelque chose d'hostile puisque largement indépassable. Une hostilité qui peu à peu vous accroche et vous balotte, et dans l'intensité des échanges entre les improvisateurs vous projettent à vitesse centrifuge dans un précicipité de liberté sans vous garantir l'aterrissage.
Bienvenue dans Bambú, un disque paru sur le label Ayler Records et qui regroupe trois musiciens que nous adorons ici et se retrouvent ensemble pour la première fois : Valentin Ceccaldi, dont chaque démarrage au violoncelle est cinglant et galvanisant. Benjamin Duboc dont la contrebasse semble vivante tant chaque geste offre un registre qui va du souffle au cri. Enfin Alexandra Grimal, remarquable conteuse qui aux saxophones comme à la voix habite absolument cet espace de liberté plein se sensualité, de frottement, de griffures et de caresse.
Ecoutons "Toucher" qui ouvre l'album dans un canevas complexe de cordes, avec cette contrebasse dont le bois semble se réveiller par on ne sait quelle formule magique. Puis la voix douce, presque enfantine et légèrement cassée d'Alexandra vient donner de la matière au son. C'est de celà dont il s'agit : donner de la matière au son.
Confondre les sens.
Les titres des morceaux ne sont pas neutres, il sont le témoignage de ce mélange des perceptions. "Densité" et ce remarquable mécanisme qui enserre le saxophone, de plus en plus lointain jusqu'à ce qu'il se fonde dans la masse. "Adhérence à la terre" et cette sensation d'être dans la boule d'argile pétrie par le sculpteur. Ce sculpteur, c'est Giuseppe Penone, dont Alexandra Grimal utilise les mots comme matière première.
Penone et l'Arte Povera, fasciné par la matière brute et le temps au point d'en faire son sujet. Le bois de l'arbre et sa mutation naturelle, le regard prolongement du toucher... Ce que le trio parvient à faire, c'est de traduire et d'ordonner ceci en un langage abrupt mais universel.
Le trouble provient de cette sensation de confusion. Une confusion magnifiée, entretenue par l'absolue liberté qui règne. Rien ne saurait la remettre en cause. Elle est présente lorsque le violoncelle vient atomiser le chant du soprano par un cri soudain. Les instruments vivent, respirent, à l'instar du long "Empreinte" où la voix, comme une complainte traditionnelle sans racines dans un italien chuchotté semble bercé par les archets. Ils sont le prolongement des improvisateurs et à ce titre animés, doués d'une forme de raison, sensibles.
Cette magie là n'est plus troublante, elle s'offre à nous avec une volupté rare qui devrait apaiser mais nous laisse en éveil. Il convient d'évoquer Petite Moutarde, ou Alexandra Grimal côtoyait un autre Ceccaldi. On y ressent des persistences rétiniennes qui seraient comme à mémoire de forme.
Une poésie brute, presque violente dans sa liberté acharnée et belle pour cela avant tout. Un coup de maître.

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16 novembre 2017

Barbares - Débris d'orgueil

Lorsqu'on regarde la définition commune de Barbares, dans les dictionnaires, on peine à croire dans un premier temps qu'il s'agit des quatre musiciens qui se présentent devant nous dans un quartet qui ressemble à s'y méprendre à un all-star de Fou Records, si l'on fait abstraction du grand batteur nippon Makoto Sato qui ne dépare pas dans le paysages.
Non, ce quartet n'est pas pas « à un niveau inférieur d'humanité ». Il n'est pas « primitif », ou alors dans une acception chamanique, d'une spiritualité presque animiste, qui sacralise chaque son comme une chose vivante.
Peut-être Barbares est-il un quolibet, de ceux qui n'ont pas d'oreilles, ou qui ont le cerveau lacéré par l'inattendu et qui ne supportent plus l'émotion de se faire surprendre par la concentration extrême d'improvisateurs qui vont à l'aventure... Après tout, on appelle barbarie ce qui n'est pas de son usage, disait l'autre dans les dissertations.
En tous cas celles qui ne citent que trop rarement René Char et Tristan Tzara.
Mais d'un point de vue attentif aux émotions de la musique, Débris d'orgueil ne peut-être en aucun cas barbare. Comment pourrait-être barbare l'addition de la clarinette contrebasse de Jean-Luc Petit et le trombone de Christiane Bopp ? Comment pourrait-on qualifier de barbare la grande complexité des souffles et des éclats électroniques de Jean Marc Foussat ? La mutation infinie du sopranino et de la clarinette dans les sifflements des machines exacerbé par un drumming élégant mais pressant, courtois mais diablement urgent ?
Et puis n'y aurait-il pas une cruelle ironie à proclamer Barbares un orchestre dans lequel la tromboniste s'appelle Christiane ? Surtout lorsque celle-ci, dans l'intense et long « Flèche de boussole » guide Jean-Luc Petit hors des ténèbres à raison de glissandi précis et impavides pour aller vers une lumière puissante et sauvage, où le synthi de Foussat se joue d'un écho déformé, comme passé au travers d'un kaléidoscope sonore.
C'est ouvragé et sophistiqué. Rien qui ressemble de près ou de loin à l'oeuvre de vandales.
Ou alors le barbare n'est jamais celui qu'on croit.
A l'intérieur du disque, une poésie de René Char, Au pays de la magie, confère à ce disque une autre aura. Nous sommes dans le monde de l'étrange, un univers qui a toujours été celui de Foussat. La tangente de la ligne de boussole est un pôle onirique, souvent entêtant, parfois inquiétant, notamment lorsque des voix sortent de l'éther pour mieux nous hanter et son chasser par le dense canevas qui se tisse entre Jean-Luc Petit et Makoto Sato. Enfin, pour un temps, puisque tout au long de ce Débris d'orgueil, on assiste à des cycles inéluctables et presque immuables, comme des mantras.
Débris d'orgueil est un disque puissant, abouti dans son instantanéité. Fruit de deux captations dans des lieux ouverts, accueillants, c'est la rencontre de quatre musiciens qui parlent le même langage, prônent les mêmes valeurs et sont ouvert au monde et à toutes les influences. Toute cette unité, qui n'est pas de façade, n'attire qu'une conclusion : on a rarement fait plus civilisés que ces Barbares-là. Mais il est d'usage de rappeler que les barbares d'une époque sont souvent devenus les sages du lendemain. Félicitons ces « primordiaux crépusculaires », dés lors de toutes les constructions à venir et de leurs splendide déconstruction présente !

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27 octobre 2017

Eve Risser & Marcelo Dos Reis - Timeless

Dans le cœur et les tripes. Sous le capot, dans le secret du mécanisme, au plus près des rivets, dans la poussière des engrenages sur la feutrine des mécaniques de précision. Voilà où se situe la rencontre franco-portugaise entre Eve Risser et Marcelo Dos Reis. Entre le piano et la guitare. Entre le bois et les boyaux, puisque les instruments sont on la même structure alchimique.
Reste à savoir ce qu'on en fait. Assemblance ou Ecartèlement ?
Comptons sur nos deux improvisateurs pour connaître la direction. La confrontation est inédite, mais elle est naturelle : il est question de communauté générationnelle et artistique. Envisager la Eve Risser des Pas Sur la Neige et de Fenêtre Ovale avec le Dos Reis de Pedra Contida et de Concentric Rinds, c'est déjà cartographier sur quel terrain aura lieu la rencontre. Une rencontre sans filet, à la fois douce et écorchée.
On peut légitimement se dire que Dos Reis est en ce moment partout. Depuis le début de l'année, ne serait-ce pas au moins le quatrième album ? Est-ce sérieux ? Les questions plus globales sur l'insatiabilité du lusitanien sont vite balayées par l'engagement de la musique et la puissance de ce corps à corps.
Deux musiciens se sont trouvés. Ca valait donc le coup de se disperser en amont.
Dans l'urgence d'un morceau comme « Water Clock », alors que la guitare s'affole et que le piano grogne, renâcle sur quelque objet qui donne à force de heurts une trajectoire courbe à la course, rien n'est si simple. Tout se règle à l'instant, sans prévision ni chaos, comme la pondération des montres molles dont la logique se désagrège mais reste implacablement régulière et pointilleuse, jusqu'à garder des points de repères, des sentences parfaitement alignées même lorsque les instruments semblent s'atomiser en de multiples discours, se chevaucher et se télescoper sans jamais s'interrompre, avec un art fascinant de l'évitement et de la liberté (« Timewheel » et cette rythmique de caisse claire qui s'abat sur le clavier sans qu'on puisse en déterminer l'artefact.)
Piano et Guitare ne sont pas nus. Ils avancent plutôt dans leurs avatars augmentés, travaillé au gré du temps par des objets intrus d'apparence plus sculpteurs que mystificateurs : des feuilles, des pinces, des trombones, de la gomme plus ou moins adhérente... Et puis surtout une volonté de s'attacher à l'harmonie du geste et des fulgurances communes plutôt qu'à celle des sons. Cette dernière serait si superficiel quand il s'agit de travailler le derme, les nerfs et les vaisseaux sanguins nourriciers, tout ce qui permet à l'âme et à la sensibilité de s'exprimer sans se soucier du corps, en toute liberté.
Ecoutons « Sundial », magnifique entrée en matière où les notes suspendues du piano semblent sonner une heure perdue dans le lointain. Les tintements alentours, provenant des deux instruments préparés sont comme un brouillard qui monte, de plus en plus impénétrable. Il y a évidemment une grande attention portée entre les deux artistes, quelques effleurements fugaces, des lignes brisées qui forment au fur et à mesure que la lumière s'affermit une trajectoire cohérente.
Dans ce nouvel album édité par le label portugais Jacc Records, les parallèles avec les horloges ne sont pas liés qu'à la magnifique gravure de la pochette ou à la mécanique de précision précédemment évoquée. On se souvient de Fail Better !, un disque en quartet de Dos Reis sur le même label qui montrait une autre tocante...
Ce dont il est question, c'est aussi d'un rapport au temps. On sait qu'il presse pour Dos Reis dont la volonté d'embrasser tout, tout de suite est forte et parfois troublante. Mais ce n'est pas de ce temps là dont il s'agit. C'est le Temps en tant que mesure impalpable mais faisant autorité. Concept abstrait mais on ne peut plus inscrit dans le monde réel. Particule soumise au jugement des hommes mais réputé impartial juge de paix. Eve Risser et Marcelo Dos Reis en sont deux maîtres implacables, ouverts cependant à toutes les mutations. Sur la pochette, les phases de la Lune suggère leur relation : la lumière et les ténèbres unis dans un même astre en perpétuelle révolution. Comme le piano et la guitare. Timeless est l'un des disques les plus époustouflants de cette année pourtant si riche.

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26 octobre 2017

David Lescot & Emmanuel Bex - La Chose Commune

Le ventre d'une révolution, c'est à cela que nous convie les six artistes qui proposent La Chose Commune, le genre de disque inclassable et sans étiquettes que nous aimons particulièrement par ici. Le ventre d'une révolution, c'est à dire son fonctionnement interne, dans ce qu'elle a de plus prosaïque. Et pas n'importe laquelle : la plus forte, la plus belle, la Commune de Paris de 1871, celle d'Eugène Pottier et de Jules Vallès, un des rare Jules de cette époque à ne pas avoir une prose de nul...
C'est du moins ce qu'on l'on conclut lorsqu'on écoute la belle histoire de David Lescot, comédien, musicien, dramaturge et auteur de ce opéra miniature et trompettiste surprenant. Une œuvre où l'on a le plaisir infini de retrouver Mike Ladd, le Mike Ladd des Infesticons, et Elise Caron au meilleur de sa forme et dans son élément. Les lecteurs réguliers de ce blog le savent, il n'y a pas de plaisir tel que lorsque les wagons se raccrochent.
Autant dire qu'en l'espèce, avec ce disque paru sur le label du Triton des Lilas, il y a matière à être plus que comblé.
Une belle découverte que ce Lescot : belle écriture, scansion parfaite dans « Le 18 mars » inaugural où il se coule dans le groove insolent d'Emmanuel Bex à l'orgue, qui retrouve Mike Ladd, et Simon Goubert à la batterie, lui aussi dans son jardin.
Le climat de 1871, 100 ans avant la naissance de l'auteur se place avec une simplicité fabuleuse.
Rien n'est appuyé, il n'y a ni postures ni clin d'oeil si appuyé qu'il en devient douloureux. Nous sommes dans la Commune, au cœur des rues de Paris, entre lumineux portraits admiratifs d'« Elisabeth Dimitrieff » ou de Louise Michel » dressés par Elise Caron exubérance poing levé lorsque Mike Ladd prend la vague d'un groove agressif sur « Versailles Assault » où Elise Caron nous rappelle qu'en plus d'être une grande chanteuse, c'est une remarquable flûtiste.
Parfois, le disque fait une petite place à la nostalgie, souvent dans le saxophone de Géraldine Laurent, qu'on avait rarement vu à pareille fête. Il y a « Le Temps des Cerises », bien sûr, patiemment déconstruit où le dialogue met en perspective un espoir et une transmission. Mais il y a aussi « Duo de femmes », beau texte et belle interprétation Caron/Laurent qui rappelle que, oui, la Commune était féministe
Il n'y a pas de clichés dans cette interprétation, pas de militantisme qui se regarde chanter, mais une lecture politique et clinique d'une révolution réprimé dans le sang qui peut encore nourrir l'époque. Ni hagiographie, ni récit historisque, mais une belle projection au cœur des barricades avec une musique explosive, joyeuse, frondeuse. Mais belle d'abord, et haletante, avec une volonté de s'inscrire dans une fougue populaire.
Ce n'est pas du rap, du slam ou de la chanson, ce sont quelques grammes de chaque produit actif qui parvient à constituer une formule explosive, souvent sur le mode revendicatif et incantatoire. On citera notamment l'incroyable travail de David Lescot et Elise Caron sur « Les œuvres », qui rythme à coup de syllabes et de scansion le programme communard qui semble toujours d'une brûlante actualité et ne s'interdit pas un peu d'humour qui fait immédiatement songer au duo ancien entre Elise Caron et Jacques Rebotier.
On ne croira pas au hasard.
« Ingénieux et intelligent » dit mon camarade citoyen Gilles Gaujarengues dans Citizen Jazz. On ne dira pas mieux. La Chose Commune est le genre de disque et le genre de spectacles qui comme le Nietzche de Archimusic ou le Profondo Rosso du Surnatural dépasse le simple cadre du plaisir musical. On se croirait souvent dans un roman de Georges Darien.
La référence, à n'en pas douter, ravira David Lescot.

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24 octobre 2017

Fabrice Favriou / Jean Luc Petit / Julien Touéry

L'image sur la pochette, grainée de points noirs qui nous font hésiter entre la photo où la gravure représente, sur un ciel laiteux, une plaine désolée qu'on imagine battue par les vents, à bien regarder les arbres, qui ploient sous la pression. Une forme de plénitude, d'immuable s'en dégage, malgré l'apparence hostile.
Nous sommes face aux éléments. Et ce sont ces derniers que le trio constitué du guitariste Fabrice Favriou, du multianchiste Jean-Luc Petit et Julien Touéry convoquent à force de sons, de coups de force et de masse bruitiste. Cette dernière, les improvisateurs s'acharnent à la sculpter. Pas à la polir ou à lui donner de joli atours. Non, il s'agit plutôt de l'entamer, de l'altérer grâce à des sifflements de anches et des éclats soudain d'électricité.
Dans les deux morceaux d'un album sans titre, comme pour mieux installer l'idée que le paysage est un titre sans parole, tout le travail d'organisation du son, de choc, de frottement s'apparente à de l'art brut, frontal mais tout sauf brutal.
Tout à fait naturel, comme les catastrophes savent l'être, inéluctable et sublime, jusque dans le chaos.
A l'écoute attentive, au casque, on arrive à distinguer les instrumentistes dans le maelström, même lorsque celui-ci se rapproche des limites de l'audible, qu'elle soit celle du silence ou des déflagrations. Dans « Au coucher de l'éclair », dénomination étrange qui évoque le calme après la tempête, le ronflement grasseyant de la clarinette contrebasse se mélange aisément avec le grondement sourd, lointain mais menaçant de la guitare électrique. Le piano de Touéry, qu'on ne connaissait que trop peu dans ce genre d'exercice très improvisé, semble tinter en retrait, mais en y prêtant attention, on remarque qu'il s'amalgame à l'ensemble comme pour prolonger les sons, leur donner de l'épaisseur, à la manière d'un fusain. C'est un travail d'équipe, une dynamique collective, mais chaque membre est facilement identifiable, chaque pièce de la mécanique inexorable agit dans la lumière, au risque que celle-ci ait parfois l'aveuglement des flashs
C'est exactement ce qui se passe dans « La fièvre nous dénombre ». Ce premier morceau qui comme son suivant se déroule en plus de vingt minutes, dévoile une atmosphère lancinante, répétitive. Angoissante même parfois lorsque la guitare chamboule un souffle de sopranino aux franges du silence ou au contraire lorsque quelques stridences viennent perturber une construction piano-guitare à la rythmique presque industrielle qui fera songer de loin en loin au MilesDavisQuintet!.
Jean-Luc Petit, également dessinateur, est un homme des profondeurs, nous l'avions écrit. On sait désormais que c'est un homme de l'ombre.
On pourrait jouer sur les mots, puisque depuis 33 ans et son premier album avec Etienne Rolin, le musicien est un artiste des marges, de ces belles marges qui ont quelques chose à exprimer et à ressentir. Mais l'ombre dont il s'agit ici, c'est cette frange noire qui occulte la lumière et est la raison d'être de cette dernière. La lumière, ici, ce sont ses complices d'un soir, au Carré Bleu de Poitiers. Elle est souvent crue, directe, éclatante, notamment dans la dernière partie de l'album.
Elle est parfois tamisée et sournoise lorsqu'elle est mouvante comme si elle passait dans le tamis naturel dessiné par les feuilles d'un arbre.
A l'écoute attentive de ce disque, on s'aperçoit que le paysage sur la pochette du disque paru naturellement chez Fou Records pourrait être une image de notre cerveau. Un scanner aux prétentions figuratives. Nous sommes cet arbre ballotté par les vents, couché par le courant dominant, vautré par le chemin des éléments. Nous sommes cet arbre qui plie, bien sur, mais qui ne romps jamais. Et qui, au delà, s'accommode parfaitement de sa situation.

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21 octobre 2017

Claudia Solal / Benjamin Moussay - Butter in my Brain

Cela faisait sept ans, sept longues années que le duo de Claudia Solal et Benjamin Moussay n'avait pas sorti d'albums. Sept ans, une éternité au regard d'une scène en perpétuel mouvement ; mais néanmoins pas assez pour perdre la douceur familière de la boîte à cuillère.
Spoonbox, le nom que le duo se donnait lorsqu'il s'augmentait en quartet pour réclamer le Room Service... Car s'il on remonte au duo pur et simple, au Porridge Day fondateur, c'est carrément douze ans en arrière.
Mais toujours la même fraîcheur.
Butter in my Brain, sorti ce jour chez Abalone est une bulle pop aux parois kaléidoscopiques et faussement fragile, un secret de fabrication qui semble n'être possible qu'avec le concours de la chanteuse et du clavièriste. Une recette avec toujours autant de préparation, puisque la musique est une nourriture parmi d'autres. Fini le Porridge, vivent le beurre et les champignons. Toutes sortes d'ingrédients utilisés par deux cuistots-magiciens, unis par une même complicité et un goût pour les climats Merveilleux, au sens le plus littéraire qu'il soit.
La voix de Claudia, d'abord, douce et qui n'a crainte d'aucune émotion et les laisse éroder le velours. Sa voix charrie des grains, mais aucun d'eux ne heurtent ni ne griffe. Rien n'est lisse puisque des reliefs sont sensibles, mais ils ne font que donner de la consistance aux propos et aux histoires douces-amères contées dans les chansons. Ainsi « Smoke House in The Ocean »où l'électricité brumeuse de Moussay est le manteau idéal de la rêverie de Claudia Solal est un moment flottant, léger, qu'on approche avec un certain détachement et qui se teinte parfois d'une pointe de spleen. De ce genre de spleen aussi accueillant qu'une vielle peluche d'enfant dans les bras de laquelle on s'abandonne à une forme de mélancolie.
Un spleen qui ne s'interdit pas aussi un peu de piquant, d'humour, quand bien même se serait la politesse du désespoir. Claudia Solal raconte des histoires de liberté, d'amour, d'indépendance (« The House That Jack Built »), Moussay éclaire la voie sans jamais la précéder. Si cette liberté n'est pas réclamée à hauts cris, c'est parce qu'elle est là, à porter de main. Fragile mais omniprésente. Indispensable.
Le jeu de Moussay, ensuite, est beaucoup moins électronique que par le passé. Son jeu reste une pluie fine, rafraîchissante, qui se complaît dans les aigus, cherche le cristallin comme pour contrebalancé la profonde tranquillité de sa comparse. « Multitrack Girl » en est l'exemple, avec ce traitement lointain qui laisse beaucoup de place à l'imagination et à la voix de la chanteuse. Claudia Solal, sans jamais forcer sa voix, est la part d'imaginaire de Butter in my Brain ; elle se double, se répond, vocalise avec la volonté de laisser toutes sortes d'émotions s'échapper sans néanmoins perdre le contrôle. Un travail d'équilibriste qui est la clé de voûte de cet album.
Une véritable construction poétique qui n'est pas sans rappeler que le duo a de la Canterbury Music dans les veines ou à défaut dans les oreilles. En écoutant « Nightcap of Sparrows » et la tournerie construite par Moussay, on songe à l'élégance des chansons de John Greaves.
Nous sommes ici dans une branche de cette famille. On l'accueille comme si nous nous étions jamais quittés.

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10 octobre 2017

Sylvain Cathala Septet - Hope

Sylvain Cathala nous revient, et cette information à elle seule est une grande nouvelle. Nous suivons depuis suffisamment longtemps sa musique pour savoir qu'il a de nombreuses choses à dire, avec une rigueur intellectuelle, musicale et par bien des aspects, mathématiques qu'on peu reconnaître en un instant.
Ainsi, dans "Bloody 2", lorsque la contrebasse de Sarah Murcia joue ses premières notes, profondes, franches, toujours lumineuses, on entrevoit déjà toute la mécanique de précision qui va s'en suivre. Elle se nourrit de rythmiques impaires, de stratégies de tension toujours renouvellées entre pression et détente, de trouvailles harmoniques à la fois innovantes et simples.
Bref, d'un petit bonheur.
On sait, avec Print et ses vingt ans ou le trio et ses dix ans que Sylvain est un fidèle. Comme le Triton lui est fidèle. C'est là qu'il enregistre Hope, nom d'un titre déjà utilisé sur Flow and Circle avec Sarah Murcia et Christophe Lavergne comme noyau soudé par empilé.
Il n'est pas affaire de redite à voix multiple, mais d'exploration de nouvelles contrées. Toutes nouvelles même, puisque malgré la présence de Benjamin Moussay qui émarge dans Print, les têtes sont neuves. Pas de Stéphane Payen par exemple, ni de trompette, mais Guillaume Orti qui à l'alto apporte une forme de douceur et renforce le caractère très central du ténor ("Hope 4 - part 2").
Pas de Gilles Coronado à la guitare, mais Marc Ducret qui apporte un son plus sporadique qui n'a pas ce rôle de travail lancinant sur la masse sonore qui est celui du guitariste de Print. Bref, une formule différente où le son de Cathala est plus rond, plus apaisé.
Moins urgent peut être mais toujours aussi mobile, en témoigne le magnifique "Enee's Story", déjà du répertoire du trio et certainement le morceau le plus impressionnant de ce disque. Le saxophone déroule une mélodie pleine de lyrisme, la contrebasse et la batterie à ses côtés, aiguillonné par le baryton de De Werf, toujours aussi flottant et atmosphérique.
C'est lui qui donne à cette musique un aspect très malléable, comme capable de s'adapter à tous les obstacles et prendre parfois des atours très oniriques.
Il ne s'agit pas de jouer plus longtemps aux comparaisons, mais la grande différence entre ce septet et Print réside dans la dureté de la base rythmique. On ne s'étonnera pas de dire que Murcia/Lavergne, ce n'est pas Vaillant/Morel. Le présent attelage est moins rugueux, plus chaleureux peut-être. Le jeu de Christophe Lavergne est plus coloriste, moins frappeur ("Hope 4 - Part 1")
Cela influe la dynamique de groupe jusqu'à donner le sentiment d'une transition. Nous avons toujours dit que Print était une musique nocturne et qu'au contraire le trio est plus solaire.
Hope se situe dans une sorte de transition, dans une lumière naissante et matinale, grandissante à mesure que le temps passe. L'espoir s'éveille dans le même temps.
Sylvain Cathala sait toujours compter. Il sait que sept, c'est quatre plus trois : un trio de base et quatre ouvreurs de piste. Une rythmique ou s'ajoute le baryton et quatre voix plus mélodiques. Une ligne de trois soufflants et une machine infernale où se couple acoustique et électricité... 
Sylvain Cathala peut toujours compter. Sur nous, cette fois. Ce disque est magnifique.

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05 octobre 2017

Thollot in Extenso

Voici le tombeau de Jacques Thollot.
Du moins dans sa forme musicale, petit détour baroque pour le plus musical de tous les grands batteurs européens. Jacques Thollot nous a quitté il y a trois ans déjà, et le moins que l'on puisse dire, c'est que sa musique et son aura sont des plus vivantes.
C'est ce que nous démontre Thollot in Extenso, recueil de musique, évidemment, mais aussi de photo et de textes qui nous font pénétrer par les sens dans l'univers de ce musicien formidable, attachante personnalité et véritable pont entre les générations. Un pont en forme de point de suspension, d'omniprésence et de disparition, pour une carrière qui s'offrit le luxe de passer d'enfant prodige à légende claire-obscure en quelques décennies.
Une histoire qui nous est conté ici en plusieurs étapes allusives et un bel entretien mené par l'ami Jean-Jacques Birgé et qui fait replonger dans les premiers clubs de Thollot, aux côtés de Bud Powell perclu d'alcool et d'un Dolphy plus immense encore que ce que l'on raconte.
En musique ensuite où l'on perçoit un amour furieux et bondissant dans cette version de Tenga Niña joué en 2011. Thollot s'adjoint pour ce quartet les services de Claude Tchamitchian, Tony Hymas et Nathan Hanson, tous trois formidable dans cette approche plus urgente et écorchée qu'elle ne l'était sur l'album mythique du même nom. La base rythmique Tchamitchian/Thollot est belle, lumineuse et limpide. Elle coule de source mais ne s'éloigne ni des rapides, ni des cascades qui sont dans tous les chorus d'Hymas, incroyable boutefeu de cette musique si plein d'énergie.
On en aura moult exemples émaillés au gré de ce disque, mais "Quand le son devient aigu, jeter la girafe à la mer", avec ce dialogue quasi martial puis de plus en plus fluide entre Hymas et Thollot est sans doute l'un des sommets de la présence de Thollot sur cet album. Car sur les 21 morceaux que compte Thollot in Extenso, répartis en trois parties tel un exposé rhétorique, il y a de des invités par brassés, tous venus enregistrer pour l'occcasion. Parmi ceux-ci, des fidèles, comme Catherine Delaunay où le vibraphoniste Karl Berger, frappeur et mélodiste hors-pair.
Il ne faut pas croire que le disque est larmoyant. Ce sera mal connaître la maison nato qui a construit cet objet de manière forcément naturelle. On y retrouve des fidèles du batteur, comme Noël Akchoté ("Samedi à Vaucresson", étrangeté pleine d'acide) ou encore "5 hops" où Simon Goubert chausse ses cymbales avec François Jeanneau, Jean-Paul Celea et Sophia Domancich.
On a vu attelage moins royal.
C'est surtout à l'impeccable mélodiste et à la douceur intrinsèque de son jeu que Thollot in Extenso rend hommage. C'est sans doute "To Neneh by Don From Jacques" qui remplit le mieux ce contrat. Pas seulement parce que c'est l'un des plus beaux morceaux de Thollot. Aussi parce que le duo entre le vibraphoniste Karl Berger et le cornetiste Kirk Knuffke est une merveille d'équilibre et de légèreté.
Une beauté fragile et un peu érayée qui vibre d'une vigueur qui ne craint jamais la mort. Merci nato. Et merci pour tout, Jacques Thollot !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir... 

02--Girafes

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20 septembre 2017

Cappozzo/Lasserre/Lazro - Gardens

Ce disque, sorti sur le label Ayler Records dont on est content de retrouver les choix musicaux, est l'un de ce dont l'on peine à sortir. Ce n'est pas seulement sa densité, sa beauté et l'équilibre formidable que trouvent ensemble les solistes parmi lesquels on retrouve Daunik Lazro, même s'il est nullement question de figure centrale dans cet échange sans hiérarchie. C'est le sentiment d'un havre, d'une respiration dans un lieu préservé du tumulte.
Un poumon.
Les trois musiciens de réunis nous invitent sans davantage de formules à une retraite tranquille dans un jardin bien connu d'eux et qui dès la reprise de « Sophiscated Lady » donne le ton : un balancement continuel entre harmonie des couleurs et liberté des formes, un lyrisme empreint de modestie qui offre au baryton un chemin sinueux mais bien dessiné par les percussions attentives de Didier Lasserre, économe d'effet et de geste mais nullement de présence ; les cymbales tonnent dans ce morceaux court d'Ellington. Ou plutôt elles feulent et ronronnent à chaque pas de côté du saxophoniste, guidant sa route sans y mettre aucune contrainte.
Ce n'est bien sûr pas la première fois que les deux musiciens jouent ensemble, et l'on retrouve l'approche charnelle et palpitante qui était celle de Pourtant la Cime des arbres... Même soin à convier la matière dans un échange a priori impalpable. Pourtant, ce n'est pas Benjamin Duboc qui clôt le trio. Les boiseries craquantes absentes, le vent double de vigueur, et c'est la trompette de Jean-Luc Cappozzo que l'on retrouve dès « Joy Spirit », dont il est l'auteur. Un titre qui sonne Ayler comme la plupart des horloges mais dont la fougue est adoucie par l'apaisement alentour.
Nous sommes dans le jardin des improvisateurs. Dans les jardins intimes de trois musiciens forcément complices et cela s'en ressent à chaque instant. Chaque parcelle est partagée, même si la pochette nous apprend que c'est dans les jardins de Cappozzo, dans le Centre-Loire que la rencontre s'est faite, au cœur du mois de juin. Un jardin secret, voisin de celui qu'il nous avait visité il y a peu en compagnie de sa fille.
Le petit Liré. Ulysse y revient donc toujours...
Pour Lazro, c'est Coltrane qui vient toujours en ces moments. « Lonnie's Lament », au centre de l'album est la bande son idéale, à la fois apaisée et aux aguets, articulée d'une manière traînante, presque chantonnée pour lui-même avec cette légère amertume qui renforce tous les sens et laisse quelques anfractuosités dans les allées du sons pour que Lasserre y glisse quelques reliefs aux aspérités polies par la sédimentation. Un Lasserre pétulant dans « Hop Head » d'Ellington encore, qui clôt l'album comme une boucle sans cesse recommencée.
Un cycle du vivant.
Le jardin de Jean-Luc Cappozzo, on l'imagine luxuriant et regorgeant de plaisir des sens. On le pense variable au gré des saisons, avec une préférence néanmoins pour les période torrides, juste après l'orage, quand le sol expire de tous ses tanins et de son petrichor. Ce n'est pas surprenant dès lors qu'il trouve toute sa vigueur dans les trois improvisation « Garden », notamment « Garden 2 », magnifiques instants impavides où le sifflement des cymbales semble rythmer l'infiniment petit.
Silence, ça pousse !
Topographiquement, ces compositions instantanées sont des trouées, des puits de lumière (« Garden 1 »). Mais d'un point de vue agronomique, c'est l'engrais. La juste chimie qui permet à toutes les idées de pousser sur n'importe quel terrain. Garden(s), c'est le lopin où se ressourcent trois amis qui nous offrent un des beaux moments de l'année. Un jardin à la française, qui en musique à tendance à se nourrir de la catastrophe féconde et de l'imprévision, loin des cordons clinquants des jardins trop bien fréquentés.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

01-Errance-Jardin

Posté par Franpi à 21:06 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
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