Mercredi, concert à Longeville sur mer (Festival « Vague de Jazz », j’en ai déjà causé) de l’énorme contrebassiste Claude Tchamitchian (qui est dans mon panthéon perso depuis tant d’année) et le splendide Médéric Collignon, dont chacune des performances est dévorante, débordante, splendide.

 

Mes yeux d’enfants étaient ressortis. C’est marrant parce que je suis tellement jazzfan que quand j’assiste à une vraie performance comme celle de ce mercredi, dans une petite salle, intimiste, sorte de petit village gaulois contre l’hydre anti-culturelle vendéenne, j’ai les yeux ronds, un peu comme quand gamin je croisai un joueur du HAC en sortant de l’école.

 

Le festival Vague de Jazz est un festival à part. C’est du bonheur. C’est passionné, militant, et c’est du Do It Yourself et c’est ça qui est plaisant. Une grosse partie de la fine fleur du jazz français est là, dans un petit bout de salle, dans une ambiance familiale, dans le dédain le plus profond des collectivités territoriales, qui ne soutiennent pas, ou du bout des lèvres, préférant les courses de brouettes, tellement plus exaltantes. No comment, on y reviendra.

 

On arrive en retard et on assiste à la première partie, des amateurs du cru, dans le trio vague de jazz, et on se dit que partout en France, la musique improvisée est vivante et bien vivante.

 

Tchamitchian et Collignon arrivent sur scène, et j’ai la chance d’être devant le contrebassiste. Il est élégant, inventif, il habite complètement ses impros, sans esbroufe, en marmonnant toujours un thème qui donne plus de relief à ce qu’il est entrain de jouer : deux archers, une tige de métal sur le tablier de la grand-mère, et tout en balancier entre douceur et puissance dans le phrasé, c’est ce qui m’a scotché pendant une heure. J’en oubliai de prendre les photos (bon, en même temps, la lumière était « méchante »). Collignon n’est pas en reste. Ce garçon franchi des paliers, des cages d’ascenseurs à chaque prestation. On pensait que sa victoire du Jazz était « couillue » est s’impose naturellement. Médéric habite son impro, il maîtrise l’instrument au point d’en transformer chacune des utilisations. Et quelle voix ! C’est du bonheur pur de voir une telle complicité… Et je ne puis que penser à ce grand terreau qu’est le MégaOctet de Andy Emler, où ces deux là s’épanchent.

 

Merci à Vague de Jazz et à Jacques-Henri Béchiau, son président. On revient en septembre pour suivre le Mélosolex de Denis Charolles.

HS_Tchamitchian