J'avais parlé l'autre jour d'un coup de gueule contre la FNAC.
J'avais déjà fait ça au début de ce blog, et c'est de pire en pire. Désormais, lorsqu'on commande un disque, les vendeurs le font sur le net et ça ne rentre pas dans leur chiffre d'affaire. Et encore ça va, si on tombe sur un mec qui connait son job, comme c'est le cas pour le rayon jazz à Rouen... L'autre jour j'ai commandé un skeud qui a mis 20 jours à arriver... Lamentable. Incroyable également qu'une sortie de chez Universal -qui n'est quand même pas un petit label autoproduit bas normand que je sache... Mais non c'est pas de la pub !-

Mon achat du jour, c'est Refusion, une sortie chez Universal Jazz, donc, signée Wolfgang Reisiger, batteur autrichien adepte d'une musique improvisée radicale, truffée d'électronique bruitiste (Wolfgang Mitterer s'en charge, et donne un côté noir à cet album) et de dissonances urbaines, grinçantes, et d'envolées métalliques formidablement orchestrées par l'excellent guitariste Marc Ducret. Le trio Reisiger/Celea/Liebman avait déjà sorti plusieurs albums au label Bleu qui lorgnait vers cette atmosphère, mais cette "Refusion s'adjoint, avec Garrison/Ducret/Mitterer une section électrique qui donne une profondeur supplémentaire.
Un album qui compte !

Ce matin, dans le bus glauque que j'égaye aux écouteurs, j'écoutais un vieux disque de Portal, Any Way, sorti en 1993, et qui, coïncidence amusante, lorgnait sur la même ambiance avec le même Ducret et ses nappes orageuses qu'on aime ou qu'on déteste. Il y a eu du chemin dans cette musique en quinze ans, et le disque de Portal  reste symptomatique des recherches des années 80, avec même quelques envolées seventies, comme cette Toccata avec Lockwood au violon qu'on croirait parfois presque sorti d'un album du Mahavishnu Orchestra. Chaque disque est marqué de son époque, et certains comme Any Way restent cependant d'une brulante actualité.

Michel Portal...

05_Searching