J'attendais avec impatience le disque solo de Bruno Chevillon "Hors Champ" qui faisait saliver n'importe que amateur de musiques improvisées.
Chevillon est l'un des plus grand contrebassiste de sa génération, à la fois habité par une musique des tripes et artiste dépassant le simple registre de la musique pour effleurer d'autres expressions, de l'image à la matière. Le disque Hors champ est arrivé sur ma platine ce matin et l'impression dépasse mes espoirs. La matière est brute, sensorielle, c'est un voyage complexe mais magnifique dans lequel Chevillon nous emmène. un voyage sans concession, ultra, autorisant toutes les distorsions électroniques et sachant utiliser, via ce magnifique instrument qu'est la contrebasse toutes les limites du spectre, de la plainte grinçante à l'infra-basse que l'on perçoit dans le fond des os.
Chevillon, le compagnon de disques de grands improvisateurs comme Oliva, Sclavis ou Humair nous offre un disque salvateur, où la limite semble être celle de la perception : le morceau "Seuils" est à ce titre remarquable.
Le disque "Hors Champ" est un objet à part, noir, qui n'est pas sans rappeler le disque de son pote Ducret "Un certain malaise" sorti en 1998.