Hier soir, un peu au débotté parce que j'avais zappé leur venue, je vais voir la "fanfare punk" De Kift à l'espace François Mitterrand de Canteleu.
Après la très dispensable première partie, dont je ne parlerai pas afin de ne pas noyer dans la fange un groupe qui ne mérite vraiment pas que l'on en cause, apparaissent enfin -et l'attente fut longue- les sept musiciens néerlandais de "De Kift".
Assez peu connu en France, malgré la sortie d'un album remarqué sur le label des Têtes  Raides en 2005, ce groupe est magique, à la fois un concentré d'agitation punk, de nervosité contenue et cette poésie ineffable, ces textes littéraires, cette musicalité intense, rarement vue ailleurs. Ce génie de mélanger punk et poésie désuette de fanfare oubliée dans une ville portuaire entre fer et machine n'a pas d'équivalent Français. De Kift est unique parce que les musiciens sont grands et le spectacle scotchant. On pense bien sur à Têtes Raides.. Et on aura raison, Christian et Ferry Heijne ont ceci de commun qu'ils partagent une voix déroutante comme une ligne brisée, et un magnétisme souverain. Mais la musique est plus sèche, plus musculeuse encore, elle sent plus la bière et les langueurs fades des ports.
Bref, on est heureux de les voir et leur musique sans apprêt confine parfois au génie, entre musicalité pop, violence punk et arrière bouche de fanfares de l'est...

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