J'ai reçu pas mal de disques ces temps-ci pour Full of Sound #3 qui sortira en mars, et si je réserverai mes chroniques pour le magazine, je ne peux passer sous silence le disque de Jazz Liberatorz, qui sont les auteurs d'un Hip-Hop déconventionné, qui pousse le bouchon un peu loin et c'est plutôt agréable, car force est de constater que ce n'est pas souvent.
Pendant que deux ou trois ignares sont persuadés qu'un rappeur fait du jazz parce qu'il a invité un drogué à cheveux sales à jouer de l'orgue hammond sur des boucles répétitives merdique, Jazz Liberatorz sort un disque super fin, où l'attention est porté sur la dimension physique du son, et où les samples sont malins et pas éculés, le tout groovant méchamment avec la présence de pointures comme T-Love ou Buckshot. Si on sent une influence de l'époque "acid-jazz" évidente, on décèle également un intérêt pour des labels sixties comme Prestige, et leurs protagonistes comme Gene Ammons ou George Benson.
Je ne sais pas si la comparaison leur ira car elle n'est pas Hip-Hop, mais j'ai pensé sans cesse au Nuyorican Soul des Master at Work, dans la démarche tout du moins, en entendant ce disque.
Les frenchie sont quand même, nonobstant une scène commerciale en grande majorité désolante, les acteurs d'un Hip-Hop novateur, qui se mélange ici au jazz avec bonheur. Moi qui pensai qu'il n'y avait que Rocé qui savait faire ça !
Et une photo du bassiste de Rocé !

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