On savait, clairement, indubitablement,que ça couvait. Quand le nouveau pouvoir est arrivé, la culture était plus qu'en danger : laminée, ridiculisée, amenuisée, raillée depuis des années, soupçonnée de couter cher au profit des fainéants et de ne pas faire de profits suffisants pour les mêmes gueules avides, elle avait déjà souffert depuis le début des années 90. C'est la même chose en pire, et être enkysté entouré de Barbelivien ou de Macias n'offre pas une garantie de qualité quant à la vision politique de la Culture. On croit même déceler, dans la nouvelle décomplexion, la vieille vision poujadiste et narquoise du "théâtre subventionné" où personne ne va.
La situation est grave. Après avoir laissé organiser, par seul soucis du marché, une "crise du disque" chargée de limiter l'offre culturelle musicale en concentrant les majors et les points de vente, c'est le spectacle vivant qui désormais va morfler.
Mais les choses s'accélèrent, l'Etat se désengage, et dans des villes comme Rouen, pour peu qu'une équipe municipale s'en mêle, ça donne : fermeture de salle programmée, absence de lieu alternatif, abandon en route des musiques "en marge" comme -par exemple- les musiques improvisées, le tout au profits de projets ronflants destinés à séparer idéologiquement les spectacles vivants selon des schémas d'art de Classe, en privilégiant, par exemple, des projets autour de l'Opéra et de la Danse ou de projets légers et complaisants en laissant, en été, les musiques populaires dans les seules mains des cafetiers -et en s'en félicitant, en plus-. Il y a dans cette profession de formidables passionnés, mais est-ce suffisant ?
Le 29 février, l'UFISC lance un appel pour défendre le spectacle vivant. Ce soir, Laurent Dehors et son "Tous Dehors" fête, au Rive Gauche ses 15 ans, l'occasion rêvée de défendre le spectacle vivant, dans une salle populaire et pointue à la fois, dont la programmation est un exemple depuis toujours.

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