Ce qui me fait rire indubitablement, souvent, c'est le péquin moyen, engoncé dans des certitudes moites (genre : "la pop anglaise est l'horizon indépassable de la création" ou "Le Marché est l'horizon indépassable de l'Humanité" bref, des fadaises...), celui-là même qui dit aimer toutes les musiques qu'il entend à la radio, être d'une ouverture d'esprit version XXL ou qualifier les gens comme moi de bornés, celui-ci pense de même que la musique improvisée est élitiste, et que les musiciens qui s'adonnent à cette œuvre sont snobs, ne parlent qu'à eux-mêmes et méprisent les autres musiques.
A ceux-là, auquel je m'adresse, comme toujours, sans animosité ni envie d'avoir en main quelque objet contondant, je voudrais leur dire d'aller voir le Bal de Tous Dehors !
Voilà 11 musiciens polyinstrumentistes, talentueux, cornaqués par Laurent Dehors, en pleine forme pour cet anniversaire, offrant un bal populaire, qui fait guincher les gens sans second degré ni postures, des gens de chez les gens, de partout, sur des airs populaires qui mélangent Dave et Bizet, Glenn Miller et Duke Ellington pour le bonheur de tous, y compris le leur.
Des morceaux réorchestrés, joués avec malice, éclaboussés de talent. Y-a-t-il meilleur moyen pour démocratiser la musique ?
Et que dire au Rive Gauche, cette salle qui, le temps d'un soir un peu fou, qui s'étend dans la nuit, désacralise la scène en laissant les gens guincher dessus, côtoyer les musiciens, entendre à cinq centimètres le vrai bruit d'un sax baryton ?
A part merci, je veux dire ?

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