Non ce n'est pas moi...
Quoique.
J'ai reçu un album ce midi et je scotche dessus comme un perdu. C'est rare quand ça me fait ça à la première écoute, mais la claque est grande. Il s'agit du groupe de Slam Bordelais FADA qui a sorti un album "Soleil noir" qui laisse sans voix l'amateur de jazz, de textes et touche également d'autres sensibilités. Je l'ai déjà dit, le slam, ce n'est pas cette petite chose mièvre que l'on nous vend depuis des mois mais une musique de lutte et de rue qui vient du jazz et se doit d'y penser. Fada y pense. Y vit, même.

Soleil Noir est un disque indispensable, dont je reparlerai bien entendu dans le Full Of Sound #4 qui sortira en Mai, mais je souhaite d'ors et déjà vous en faire profiter en quelques mots :
La base est un quatuor de jazz avec un basse très présente (Benoit Lugué) qui est la clé de voute de l'ensemble, et donne une rythmique complexe, destructurée mais très groove, un groove infectieux avec un drumming sec et nerveux (Vincent Sauve) qui ne fait pas des boucles mais de vraies phrases et n'enferme pas le slameur dans une répétition rythmique délétère. On a dans ce disque une base rythmique d'une solidité époustouflante, un véritable écrin, au delà du slameur pour les autres musiciens, soit un sax alto et un clavier dont l'utilisation du rhodes renforce une sonorité seventies parfaite pour ce type de musique.
Bien sur, tout cela ne serait pas sans  un slameur émérite. Marco Codjia est de ceux là : textes habités, révoltés, avec une écriture tranchée et groove en elle-même, servi par un flow extrêmement musical, qui s'intègre en lui même au morceau.
A ce titre, Fada n'est pas un quartet avec un slameur, mais un vrai quintet.
Une claque...