Christophe Marguet est un batteur talentueux qui fait partie de cette galaxie remarquable de musiciens discret et expressif, en témoigne sa collaboration avec Yves Rousseau, bassiste dont on dit tout le bien possible, vous le savez, par chez moi.
Son dernier opus en leader avec son quartet "Résistance Poétique", intitulé "Itrane" force le respect. Déjà parce que ce nom, Résistance Poétique, est évocateur d'une musique onirique, sans solos m'as-tu-vu mais avec une vraie cohésion, une volonté utopique de porter la musique dans la marche du monde, dans un espace de création et de Liberté qui, comme le dit les notes de pochette, est proche d'un choix politique.
Voila qui me plait.
Marguet est un batteur discret, qui n'use pas d'esbroufe pour imposer ses choix :  sa relation avec le contrebassiste est toujours un régal et la ligne rythmique d'Itrane ne le dément pas : Mauro Gargano est lui aussi économe d'effet, mais d'une vraie pertinence.
Le plus réjouissant reste la relation du batteur avec son piano et son sax alto, respectivement le précieux et trop rare Bruno Angelini, qui donne à ce disque ce ton rêveur et moelleux et Sébastien Texier, plus en verve et pertinent que jamais.
Itrane, ça veut dire les étoiles en berbère, et ce disque nous incite fort à rester un moment écouter la mélopée de la nuit, un soir d'été où le temps serait doux et le temps sans importance...

Le tout accompagné comme à l'habitude d'une photo sans rapport particulier...

257_Ginza_3