Comme promis, donc, voici une chronique du concert de Denis Chancerel, guitariste remarquable, en coproduction avec le Rive Gauche de Saint Étienne du Rouvray, "Via Zappa", qui était présenté par le Théâtre Mardi.
En préambule, je dois rappeler que Zappa est pour moi une forme de mètre-étalon musical, à la fois précepteur foutraque et technicien habité. Je n'aime pas lorsque des musiciens issus ou non de ses formations font des hommages lacrymogènes où chaque note est considérée comme une hostie, mais en revanche, j'aime particulièrement les réinterprétations, les revisitations de l'œuvre.
Via Zappa est, heureusement dans la deuxième catégorie. Par un jeu de scène dépouillé et efficace, le quintet, formation resserrée pour une musique foisonnante (Denis Chancerel et Florent Dion aux guitares, Patrice Guillaumat à la batterie et Laurent Dehors aux saxes, Clarinettes, cornemuse et donc Cochin à la contrebasse, que j'avais oublié, merci Ann...) tire la quintessence, la souplesse le jus harmonique et mélodique de Zappa dans ses morceaux les plus groove, et de sa période la plus intéressante (même si TOUTES les périodes sont intéressantes) soit 1969-1982.
Et ce qui frappe avant tout, c'est la simplicité, l'efficacité, la pertinence de l'écriture de Zappa et son adaptabilité à tous les registres.
Bien sur, chaque musicien apporte sa touche, les guitariste et le leader en particulier étant bien sur sur la férule d'un style mais sachant bien s'en départir. On notera avec plaisir la performance de Guillaumat, digne d'un Bozzio de la meilleure heure et de Laurent Dehors, absolument sur une autre planète ce soir là.
Si j'avais un choix à faire, je ressortirai bien sur les Morceau "Yellow Snow" et "King Kong"...
Mais des spectacles comme ça on en veut tous les jours...

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