Dans cette période où le moindre bout de plastique devient matière à un buzz mondial, le corps est soumis à cette même dictature de l'argent et son cortège -paraitre, anti-intellectualisme, posture- (je vous invite à aller voir les commentaires du billet sur "les chti" d'André Gunthert à ce sujet c'est croustillant...).

La "gentillesse" est certainement la pire des saloperies qu'on aie jamais inventé.

Pas la gentillesse qui écoute les autres et essaye de vivre avec eux ; plutôt celle qui se persuade qu'un groupe d'individu doit penser, être, paraitre, écouter, voir, dire, lire et chanter la même chose. Que le déviant est soit malade, soit dérangé, soit, pire... Méchant. Vil. Sournois.

il n'est à la fois facile d'assumer une différence perçue comme immature et qui parfois concoure vraiment au revers de la même médaille. Mais cela consiste en une résistance passive tout à fait invisible. Parce que vouloir se différencier à tous prix, c'est une forme bien banale de conformisme...

Ne pas suivre le fil de l'eau saumâtre des produits qu'ils faut aimer ou des idées qu'il faut penser, des modes, des gens qui les font voire qui les suivent est un sentiment assez commun, qui s'exprime à différent degrés. Voir que c'est un sentiment politique est une autre forme de réflexion, une vision du monde peut être radicale, qui touche à une organisation économique qui fait de l'homme un individu égocentrique

Ce matin, en fond sonore du gobage de ma tartine, on parlait du phénomène de coach. De celui qui fera de toi un individu normé, sans aspérité, dans le sens de l'Histoire, qui pense comme les gens parce que ça fait joli, et qui sait se looker pour avoir le moins de personnalité possible, tout en se persuadant d'être au top de l'épanouissement personnel. L'olibrius parlait de packaging personnel... Même ça, alors, maintenant... A quand le marketing du surmoi ?

Y'a des fois où je suis content de pas rentrer dans les boîtes...

01_Trappiste