Evoquer Albert Marcoeur est comme un lac de souvenirs, celui que l'on appelle le Zappa Français est comme un petit secret qui s'échange entre connaisseur, plein de poésie, de détachement, une cure de fausse nonchalance dressée à la rythmique chaloupée et virulente.
Marcoeur, on en reparlera forcément à la Rentrée de septembre puisque je l'interviewerai pour le Full of Sound #5. Mais son dernier album "Travaux Pratiques" est de ceux qui font plaisir de recevoir parce qu'il nous replonge dans un univers familier et emplit de cette euphorie légère que procure les 9 précédents disques de la famille Marcoeur, discographie qui s'étend depuis 1974. On pourrait en raconter des anecdotes, des souvenirs, de la chanson jouée avec des 4L et des Klaxons sur "Monsieur Lépousse" aux performances d'Elise Caron sur les albums plus récents... Et toujours cette fois légèrement vaporeuse, sans tonique, qui joue comme une nappe autour de la rythmique et dont les paroles qui évoque tout ou rien sont toujours plus profonde qu'on ne croit. Des chansons qui paraissent aussi simples qu'elles sont en réalité complexes et servies par des musiciens remarquables (j'en profite pour une pensée émue pour François Ovide...)
Travaux pratiques sort ces jours ci, et la recette marche toujours : Farid Khenfouf à la guitare fait un travail remarqué, et ce disque très porté sur les cordes est magnifié par le travail avec le quatuor Bela. Entendre toutes ces cordes sur "stock de statistiques" est un bonheur.... Et le morceau "Paris Beurre" est addictive.
Il me tarde de faire cette interview...