Voilà un article intéressant dans le Monde daté du 29 aout, à la fois sur les dégâts rédhibitoires sur les oreilles de l'utilisation excessive et continuelle de baladeurs MP3, mais aussi sur ce format qui, vous le savez vous qui lisez régulièrement ce blog n'emporte pas, loin de là mes suffrages.
Je ne vais pas m'envoler dans une diatribe contre ce format, ce qui n'aurait comme conséquence de rester sur le point de vue technique. Je sais qu'il existe des formats de compression moins destructeurs que le MP3 pour mettre dans vos chers baladeurs, tout comme il existe des Linux pour contrer windows, et plein de choses remarquables que personnes n'utilise de manière démocratique. C'est ainsi. Quand on voit un gars -ou une fille- dans le bus qui écoute de la musique sur un téléphone crachotant, on est en droit de s'interroger sur la qualité de l'audition de la chose écouté... Mais on peut être sur que c'est du MP3, et pas du FLAC ou je ne sais quoi d'autre !
Le MP3 est un faux nez de la normalisation de la Création musicale. Celle qui rogne tout, celle qui rend tout fade et insipide, qui gaufre les médiums et grisent les aigues...Sous la fausse impression de la pléthore, les utilisateurs se retrouve à se goberger du kleenex informe et donc uniforme, sans soucis de la qualité, de la créativité et comme seul soucis d'avoir, de posséder, même sans connaitre. Je n'étais pas de ceux -je ne suis pas de ceux- qui ont pensé que le CD était de moindre qualité que le vinyl. Mais en tant qu'amoureux du disque, je ne puis me résoudre à ne pas disposer de pochettes, du nom des musiciens, du nom de l'ingénieur du son, et des motivations éventuelles de l'artiste. Snob ? non. C'est grâce à cette lecture effrénée que j'ai pu sauter de genre en genre, de groupes en groupes, d'époques en époques, plus vite que n'importe lequel des moteurs de recherche et de manière aussi peu chère qu'avec les machines à télécharger.
Ça s'appelle une bibliothèque municipale. J'y reviendrai.
Mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que désormais les ingénieurs du son peu scrupuleux mixent pour le MP3. Par dessus la jambe. On s'en fout après tout. On a pas de relief. Et quand on y réfléchit, c'est pas de la science fiction. Ça fait 10 ans que rien n'a évoluer dans la production du mainstream : c'est tout à fond et sans relief, c'est à désespérer des basses...
Dans le jazz ou dans toutes les musiques un peu coquettes pour elles-même, on fait encore très attention à ça. J'ai eu la chance d'entendre il y a peu le travail d'un groupe ami qui sort un disque bientôt, mixé par un grand professionnel de la profession... Le travail incommensurable de cet artiste donne une atmosphère remarquable, profond, discret mais indispensable. Je n'ose même pas penser au saccage de ce travail par le MP3...
Revenons aux bibliothèques municipales qui offre des disques à ses usagers. J'entends de plus en plus dire que tout ceci était dépassé et qu'il fallait offrir désormais une offre MP3. Être à la mode. Dans le vent.
Offrir de la soupe et faire croire que c'est de la Culture, c'est presque pire que de dire qu'on sort son Revolver.  La Culture ce n'est pas de la consommation. C'est une rencontre, un trésor. C'est ouvert à tout le mode.
Ca ne sert donc à rien de l'abâtardir...
Et une petite photo pour tout ça. Le silence paisible d'un après midi pesant dans un village du Béarn. Parce que la plus belle musique, c'est celle qui nait du silence, comme dirait l'autre...

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