On peut dire qu'il m'a tardé d'en parler, mais il ne fallait le faire qu'à l'heure dite... Dans le courant de l'automne sortira donc chez Zig-Zag Territoires, label distribué par Harmonia Mundi, le premier album des copains de Kumquat, Quick and Dirty, animé par quatre jeunes musiciens parmi lesquels le saxophoniste Raphaël Quenehen et le guitariste Sylvain Choinier.
Kumquat est un groupe dont on a pu parler souvent ici, de concerts en rencontres, mais c'est la première fois que l'on peut en parler en disque, et qu'au delà du live le son du groupe explose sur un album remarquable, qui bénéficie en surplus de la science du mixage du grand Philippe Tessier Du Cros. Kumquat c'est une musique acide, vengeresse, garnie de petites finesses explosives qui se cumulent vers des moments d'unisson destructurés. Au delà du son de plus en plus singulier de Raphael Quenehen ou des phrases énergiques de la Guitare de Sylvain Choinier, la section rythmique composée de Clément Lebrun à la basse et de Julien Bloit à la batterie est frondeuse, indépendante dans sa rectitude et remarquablement efficace. Atmosphère séminale et diablement tendues soutiennent l'album d'une compacité remarquée, pour un premier enregistrement.
Le groupe s'inscrit dans un jazz radicalement indépendant, suavement rock et délicieusement destructuré. Comme j'avais eu l'occasion de l'écrire en son temps -ce que le groupe a eu la gentillesse de reprendre sur leurs plaquettes-, Kumquat est "un jeune groupe parisien énervé qui lorgne à la fois sur un jazz-rock fureteur, une virulence tout droit sortie de la cuisine de John Zorn et quelques envolées des Pyromanes de Chevallier ou de Moniomania."
J'irai même plus loin.
le choix d'intégrer dans l'album des passages live, des morceaux de bravoures de solistes au sein des compos réalisées en studio donnent au son de l'album une atmosphère de fusion au sens le plus radicalement basique du terme : chaleur, amalgame de plusieurs univers pour en créer un nouveau, fertilité du propos. Ce n'est pas une coquetterie ; l'album trouve plus d'allant et de profondeur, d'autant qu'aucune piste ne semble se fermer devant la gourmandise musicale. C'est aussi un procédé qui fut utilisé par Zappa, qui s'il ne représente pas une influence directe des membres du groupe se cache des leurs racines sans même qu'on ai besoin de le mentionner.
Difficile de ressortir un morceau plus que l'autre, même si "In Bed whith Igor", "Ligne 12" et "Le mouton ou le café" sont les meilleurs moments de celui-ci...
En ce qui concerne "Le Mouton et le Café", à noter que les membres du groupe on fait appel au Collectif "les Vibrants Défricheurs" pour réaliser un petit clip que personnellement j'adore.
A découvrir très vite... D'autant qu'une surprise se cache dans la pochette de l'album !

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