C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai reçu "Dada Dada", l'album sortant demain de Minimal Orchestra, un groupe d'Electro-Jazz qui a réussi à ne pas tomber dans le chausse-trappe du lounge un peu bonasse et qui, d'album en concert, délivre un groove efficace et décharné de fioritures inutiles et de postures singeant les têtes chercheuses de années 70 : Minimal Orchestra ne nous offre pas, comme le fait Truffaz des resucées en forme d'ersatz d'un jazz électrifié qui n'aurait pas compris que la technologie ne remplace pas l'âme, et que l'important est de trouver de la soul aux machines.
Thomas Terrien aux claviers et ses compères Pierre-Jean Trouette à la basse et Ghislain Rivera à la batterie et aux bidouillages électroniques font une musique électro qui cherchent dans les relans, les odeurs, les couleurs du jazz l'habillage de leurs inspirations ; ici, c'est weather report, là Deodato... Mais sans jamais tomber dans le sanctuaire béat, emmenant même cet album vers les rivages d'un Hip-Hop hyper acide dans "Regardless"
Paradoxalement, au delà des slaps de basse et des sonorités des claviers, c'est les rythmes cassés de la rythmique qui donnent une sonorité foutraquement groovy, proche des grandes envolées d'Aphex Twin.
Après deux morceaux atmosphériques un peu vaporeux, c'est dans le vif du sujet que le trio tranche avec des frénésies brisées par des rythmiques très intelligentes... De "Douahou" à "Vite" qui sont certainement les meilleurs morceaux de l'album, un alchimie se créé pour donner une atmosphère très personnelle. Chouette rencontre.
Et une photo qui n'a strictement rien à voir.

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