A l'heure où j'écris, certains profiteurs regardent le vertigineux destin qui les séparent du sol, pour mieux retomber sans doute sur un doucereux canapé en taffetas.
Peu de temps avant, Yasmina Benguigui, aussi exaspérante qu'elle peut être talentueuse, présentait "93, mémoire d'un territoire" sur la chaîne qui reste avec Arte (évidemment) une des dernières à prendre ce genre de parti pris, Canal+.
Le doc, très bien réalisé offre la part belle à ceux qui en bien ou en mal on réfléchi à ce qu'était un quartier populaire, de ces endroits qu'on aime et qu'on déteste, voire qu'on aime détester et qui ne vous quitte jamais, même si on le quiite pour toujours, du 93 ou d'ailleurs.
De l'architecte renégat au ceinture noire de sociologie -qui est un sport de combat- en passant par les Préfets conscients ou inconscients -ou pire, persuadés d'être conscients-, le documentaire vient poser une réalité, sans affirmer quoique ce soit mais en montrant les années de gabegies, les erreurs manifestes, le saloperies indignes qui n'ont pas éteints les paroles habitantes, les souffles d'espoir, les trajectoires personnelles et collectives et l'immense souffle qui parcours cet immense champs d'expérience qu'on voudrait trop souvent voir transformé en champs de ruine.
Le genre de documentaire qui donne la pèche d'y retourner le lendemain, sur ce territoire populaire ou sur d'autres pour construire d'autres destins, et pour bâtir avec les moyens qu'on nous accordera autre chose que des périmètres opérationnels mais des endroits à habiter.
Pour les habitants, c'est con à dire comme ça...
Et en photo, paradoxalement, quelque chose qui a quelque chose à voir...

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