C'est vrai, j'aurai acheté ce disque de Vincent Mascart autant pour la pochette que pour la musique qu'elle contient... Mais c'est sans doute la musique qui tient le haut du pavé dans cette œuvre étonnante et parfois un peu bancale, une petite faiblesse, qui comme souvent rajoute au charme. Cristal Records offre une fois de plus une œuvre entière et très recherchée.
Mascart au saxophone est irréprochable : les thèmes sont fouillés, très réussi et rappelle parfois, au delà d'une référence commune pour les choses du cirque et du spectacle vivant, le travail de Pulcinella dans l'approche musicale, et surtout dans la sonorité du saxophone.
Pour le reste, les six musiciens qui sont dans ce chatoyant Circum apportent chacun une pierre dans cette construction musicale solide. C'est par le souffle d'abord que le message passe. Entre Mascart aux saxophones, Tamisier à la trompette et surtout Jon Sass au tuba, qui semble "tenir la baraque" d'un édifice si poétique et fragile qu'il semble toujours prêt à se tarir ou à repartir, tout est polymorphe, s'envole vers d'autre latitudes, mené parfois par le piano ludique et moqueur de Jean-Christophe Cholet.
La vrai trouvaille de Circum, c'est le chanteur, qu'on peut retrouver parfois avec la Compagnie Lubat, Beñat Achiary, qui offre, dans la grande tradition des vocalistes basques une force réelle, qui n'est pas sans rappeler, même si la musique n'a rien à voir, le travail de Klaus Blasquiz dans Magma. Une performance  qui doit être considéré comme le sixième instrument du sextet... Un sextet parfois troublant, sans basse attitrée autre que le tuba et sans une batterie "lourde", où Carlo Rizzo joue de diverses percussions pour mieux illustrer une musique en mouvement.
Circum est une jolie découverte, comme on en découvre parfois, au détour d'une pochette.
Et comme nous parlions de Pays Basque, gageons que la photo ce soir peut avoir, pour une fois, quelque chose à voir...
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