Ce matin, la radio publique était en grève conserver la pub sur son antenne. J’avoue être circonspect sur ce mot d’ordre dans le sens où la litanie des poulets de Loué qui galopent sur la météo, les pubs pour des boîtes d’affacturage ou de conseil en entreprise dont le nom d’une banalité abyssale finissant par un « O » et les mauvais comiques financés par la Matmut me donnent envie d’envahir la vénérable maison ronde pour procéder à des représailles (en commençant par Vincent Josse, l’obséquieux à toutes mains ou Bernard Guetta, le DJ du ouiouisme benêt). Curieux dilemme que celui journalistes du service public que de réclamer la conservation de la pub pour garder une indépendance qu’ils n’ont de toutes façons plus non plus avec la pub. La question c’est : vous préférez la pression du pouvoir complaisant avec les annonceurs ou la pression des annonceurs en direct ?
Vaste débat.
Une chose est sure : que les journalistes se battent pour leur indépendance est louable, se battre contre le retrait de la pub est une erreur majeure car elle pervertit le service public ! Qu’ils se battent pour un vrai Service Public Indépendant, libéré de la pub et financé par l’Etat. Qu’ils se battent pour faire le ménage dans leurs rédactions de plus en plus formatées sur le complexe appelé « 7-9 RTL » et qui gangrène la presse française. Qu'ils se battent pour sortir du carcan de l'idéologie dominante qui fait répéter sur format court -laissons de la place à l'actu et à l'infomercial !- les mêmes âneries que chez-Smith-en-face, les mêmes dogmes de l'info de proximité et les mêmes terminologies que le pouvoir. On fait plus chic comme indépendance.
C'est d'autant plus criant quand, passionné de radio, on écoute comme moi les chaines étrangères. Je ne vous révèlerait qu'un peu de mon intimité en disant que j'aime écouter la RTBF en faisant la vaisselle, sur  mon poste Wifi... Quel différence de ton, dans le journal du matin sur La Première ! Beaucoup moins de déférence pour  beaucoup plus de différence, des billets mordants, des éditos musclés, des implications de journalistes, loin de la mélasse franchouille qui confond objectivité et neutralité bêtasse ! Un exemple parmi d'autre : France Inter, comme les autres, préfère faire des caisses sur les commémoration trop nombreuses que sur les propos nauséabonds de collègues... Y'a une époque sans pub où on avait l'impression d'avoir quelque chose entre les oreilles. Autre chose que du temps disponible.
Mais ça, c'est peut être une question de journalisme.
Et une photo qui n'a rien à voir...

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