Il y a des jours où l'on aimerait hurler plutôt que de rester dans cette condition de rage, de tristesse et de colère impuissante contre Cette Humanité qui s'effiloche.
Depuis quelques semaines, c'est le fracas de la musique qui m'empêche de tourner en boucle sur le fracas des bombes. De la musique librement consentie, choisit pour sa finesse où sa virulence, sa dissonnance ou sa facilité. Arrêtée comme je veux, sussurée ou beuglante, elle habille l'espace.
Je croyais naïvement que la musique était comme un feu auquel on se réchauffe, un moment d'espoir et de lutte, de détente, d'amour, d'humour. Je croyais bêtement que comme les musiciens "virtuoses" de Grimley, la musique était un outil de cohésion, de convivialité, de transcendance et d'empathie.
Quel imbécile...
En fait, la musique est un instrument de torture. On se souvient d'une pub dans les 80's où un punk, en punition, devait écouter du Berthe Sylva. Ca faisait rire... Ca foutrait plutôt la rage.
On avait vent de ces choses depuis 2003, à Guantanamo, de la torture à base de musique populaire américaine (Hard-Rock, Hip-Hop, Rock...), mais tout ceci est désormais avéré. Et ça glace les sangs. Ca glace les sangs parce que c'est d'un sadisme à tout épreuve, que c'est à la fois un cauchemar mêlé d'Orwell, de Burgess, et de Zappa (qui finalement de Joe's Garage à The Torture never stops avait dépeind avec une cruelle lucidité les penchants barbares de la pax americana...) et que ça révèle beaucoup de chose sur l'approche de la culture de ces cerbères. Une coutume barbare qui, rappelez-vous, est en passe de devenir une punition comme une autre. Torturer avec de la musique, c'est abandonner son humanité, c'est percuter l'intime, c'est ne même pas avoir le courage de se salir les mains.
Torturer avec de la musique, c'est piétiner la culture de l'autre, c'est vendre sa grasse culture pourrie et bas-du-front comme étant la seule valable. Et quelle culture : Aerostimth, Britney Spears, Deicide, Meat Loaf... et ce benêt de Metallica qui s'en dit fier. La liste est .
Evidemment, dans le lot, il y a des artistes qui s'en émeuvent. Rage Against the Machine, Springsteen, Eminem... D'autres, à qui l'on souhaiterai presque une électrocution fortuite se demandent s'ils ne devraient pas toucher des droits d'auteurs...
Certains arrivent à en sourire. Ça m'épouvante.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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