Deuxième jour du festival des Vibrants défricheurs, avec une après-midi à faire voyager le spectateur au sein des multiples projets bouillonnants du collectif. Ce qui était peut être un handicap au début, à la naissance de cette entité, la multitude de projets et la polyvalence de la musique et des membres entre jazz, free-jazz, musiques improvisées, contemporaine, etc... Devient maintenant une force, tant la luxuriance et la sincérité des projets est de mise.
La volonté de déplacer, de déranger le public en jouant dans les plus hauts lieux improbables de la salle de spectacle (duos dans les escaliers, solo de violon à l'étage, duo dans les chiottes, etc...) oblige à une pédagogie de l'écoute et à une acceptation à se faire déranger dans son statut de spectateur. Et c'est ce qui est plaisant. Hormis peut être pour le photographe, car faire des photos au seul éclairage d'un panneau "Issue de Secours" n'a jamais produit de miracle. Mais on s'adapte, c'est aussi une gageure !
Il serait trop long de citer tous ces micro-évènements empreints de poésie de véritable plaisir de communiquer la musique et de la vivre, mais citons pour leur fabuleuse performance Margot Mellouli et Perinne Devillers dans un duo voix/Clarinette et Jérémie Bastard et André Pasquet dans leur duo Soubassophone/Batterie...
Tous les deux dans un style différent, évidemment : vapeur diaphane et cependant puissante de la voix magnifique de Margot dans cette escalier carrelé qui s'entrelace à la robustesse cristalline de la clarinette, et lourdeur tellurique du duo d'infrabasse...

02_Duo_escalier