Après un après-midi passé à errer dans une musique polymorphe et des décors et installation de Paat et Lison du collectif des Vibrants défricheurs, et bien déçu d'avoir rater une bonne partie de "les égouts remontent", une libre improvisation ou Antoine Berland et Raphaël Quenehen semblaient mettre le feu -mais, les gars, qu'est-ce que c'est que cette histoire de commencer à l'heure, aussi ?-, vint le temps de Syntax Error, un groupe dont j'avais parlé quand il n'avait pas de nom, et dont la lecture à 7 mois d'écart me rassure : je ne me contredis pas souvent !
D'abord, la salle plus grande de "L'oreille qui Traîne" est plus approprié à la lourdeur de la musique qui a besoin d'espace pour exprimer sa virulence ; une musique qui griffe, une musique d'excès, de cet excès conscient dont on fait les orgies, de ces roboratifs plats de jazzmen qui lorgne vers une tension urbaine de rues étroites et noires où le "wonderful world" est toujours loin. "La ville est nue" disait John Zorn, et la musique de Sylvain Choinier est faite du même manteau.
C'est impressionnant ce que Sylvain Choinier a apporté à ces jeunes musiciens ; certes la "rythmique rouennaise", puisqu'il convient désormais d'appeler ainsi le "couple" Cellier/Piazza est impressionnante de cohésion et d'inventivité, mais la rigueur de grand guitariste et son jeu en mouvement fait faire des pas de géant.
La suite de la soirée se déroulera dans un délire psychoactif des trublions potaches du collectif, en une parodie de catch entre des montres de papiers et d'aluminium survoltés sur fond de rock qui tâche.
Vivement de nouveaux happenings de ce genre...
Par ailleurs, c'est rare quand je suis content d'une photo ; c'est le cas.

06_Tibo_Syntax_Error_