"Il n'y a pas de frontières en musique, les portes sont ouvertes à tous, pour de vagabonder librement dans les différentes musiques et les différentes cultures... Les différents courants artistiques ont convergés, ce phénomène désoriente le public et rend la communication moins claire. Cette disparition entre les genres ouvre à l'infini de nouvelles perspectives pour les artistes contemporains (...) et principalement dans le domaine de l'improvisation musicale"
A ceux qui fréquenterait ce blog pour la première fois, j'arriverai à faire croire que c'est uniquement pour cette phrase de l'artiste que j'ai acquis cet album réjouissant d'Elemer Balazs. Il est vrai que j'aurai aimé l'écrire...
Les autres savent très bien l'importance qu'a pris la musique hongroise au fil des pages... Hongrie, centre de l'Europe et métissage absolue des cultures et des musiques. Il est de petites gens, colériques et hargneuses qui feraient de se souvenir d'où ils viennent. Mais ce n'est pas le propos !
Elemer Balazs est un batteur et percussionniste que j'aime beaucoup, et que je me désespère d'avoir raté, il y a quelques années, dans une cave de Budapest, pour une bête histoire de calendrier (la coupable se reconnaitra) !
Le propose de Magyar Nepdalok est de revisiter avec son groupe des chansons traditionnelles hongroises en les triturant dans une esthétique jazz. Propos qui pourrait sembler peu original, mais qui appuie sur la force du patrimoine musical hongrois et tout ce qu'il doit aux visiteurs, aux nomades, et aux envahisseurs successifs. Rythmiques parfois Klezmer, souffle des Balkans, voix envoutantes, contrepoints onctueux d'une Autriche de café-crème, arabesques du Bosphore, c'est tout une histoire qui passe dans la musique de Balazs sans tomber dans la vulgarité remachée de la world à l'occidental. Le jazz s'insère comme une pièce de puzzle dans ces chansons, dans ce disque, comme si dans ce mélange épicé, il avait toujours eu sa place. Le groupe est aérien, léger, et laisse toute la place aux vocalistes, la jolie Klara Hadju et Peter Glaser qui me fait penser à Klaus Blasquiz, le chanteur de Magma...
Un vrai bonheur qui donne envie d'un printemps sur Deak Ferencz tèr, à attendre un tramway qui vous perdra dans les trèfonds de la belle Budapest...

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