On ne parle pas assez de musique africaine dans ce blog et c'est un tort. Il y a une époque ou j'écoutais énormémént de musique mandingue, notamment Bembeya Jazz National... Et puis tout ceci s'est un peu dilué dans cette affreuse world music promotionné par des tartuffes comme Manu Chao qui ne laissent plus rien au hasard et à la découverte. Staff Benda Bilili fait partie de ses groupes incroyables dont on reçoit parfois le disque et qui fait le bonheur du hasard.

Direction Kinshasa, le parc derrière le zoo, là où vivent les handicapés, relégués avec les anciens enfants soldats qu’on appelle les « chégués » (pour Ché Guévara, compagnon de route historique de Kabila… Dans cette apparente réclusion, la solidarité est toujours présente et s’exprime aussi dans la musique.

Staff Benda Bilili, ce sont quatre musiciens atteint de la polio dans des fauteuil roulants homemade à laquelle s’ajoute une base rythmique imparable et tournée vers l'histoire de la musique urbaine et de danse africaine. En plus de cela, joue un jeune chégué, créateur d’un redoutable instrument électrifié composé d’une corde tendue et d’une conserve dont il sort des miracles. Au détour d'un de ses solos improbables, on pense à Ba Cissoko quand il eut l'idée d'électrifier sa Kora... En tout neuf musiciens qui expose sur un album réjouissant une musique de rue frondeuse et positivement groove.

Sur une base commune de rumba congolaise, les musiciens s’ouvre à tous les courants urbains de la musique congolaise : un funk aussi efficace que dépouillé, un ska sautillant dans des riffs électriques, dans un travail vocal très soigné… Un vrai disque roots, extrêmement bien produit qui accompagnera un documentaire sur ces musiciens incroyables !

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, puisque nous repartons à Tokyo !

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