On a beau le savoir, connaître les réflexes de Pavlov, lire les journaux tous les jours, être habitué des contrefeux, savoir qu'il n'y a qu'un hémisphère dans ce bas monde pour les médias... Ca m'esbaudis toujours de voir à quel point un clou chasse l'autre (ce qui est normal entre paques et l'ascension, ferai remarquer Crétin Média !) à la une du souffle médiatique. Si on me permettait une métaphore musicale, je dirai que ce n'est plus un souffle, c'est un growl. Le son produit en est forcément perturbé.
Donc, voici que se présente à nous la grippe porcine ; résurgence hi-tech et animalière de la camarde espagnole des tranchées, elle fait suite aux ascenseurs qui tombent, aux bandes qui font rien qu'à faire de la recrudescence, à la crise conjoncturelle qui croît négativement mais qui remet rien en cause et à l'imitation de Denise Fabre par Rachida Dati...
La grippe porcine heure par heure, qui twitte de partout et qui fait la une des journaux. Pendant ce temps, le taux de chômage, les licenciements... On n'en parle plus : ça vaut mieux que d'attraper la grippe porcine, ça vaut mieux que de bouffer des fajitas !
Evidemment, on pourrait se demander si un jour on traitera éditorialement de la même façon les 1,5 millions de mort du paludisme par an. Mais les poids et les mesures, de nos jours, ça sert surtout à la théorie du mort-kilomètre...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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