Au début, Loic Lantoine résonnait comme une gentille blague. La chanson pas chantée, le côté un peu gouailleur, le disque sorti sur Mon Slip, le côté Punk, les concerts qui se finissent à poil. Un artiste France Inter de plus, était on en droit de penser, un peu plus talentueux, un peu plus excentrique.
Mais au fond, c'était avant d'entendre l'album. Les albums. Chansons émouvantes, écriture précise et sentiment que la musique peut prendre à tout moment sa part, s'éloigner de la chanson pour prendre sa part d'émotion. Il y a des morceaux de génie chez Loïc, un génie âpre et dur, rapeux comme une bière sèche de Flandre, son souffle rauque charie des pierres précieuse tout encore empennée de goudron et file un vrai frisson, porté par la contrebasse athlétique de François Pierron et la percutterie fureteuse de ce cher Charolles. Et quand il ne chante pas ses chansons, ses uppercuts poétiques qui fouillent les tréfonds, il va chercher des textes de Couté... Ce mec là est magique.
Et puis après cette claque des albums studio, il y a Lantoine en live, on en a parlé dans un spectacle récent. Habité par ses textes, éblouissant de classe. Il y a du Ferré chez le nordiste, une sorte de flamme noire qui le brûle et se propage.
Le live "à l'attaque" est une vraie réussite, et pourtant je ne suis jamais fan des live de chanteur. Car au dela des textes, au dela de leur interprétation, il y a la musique, la visite de courtoisie de Minvielle, les éclats de Julien Eil, une sorte d'état de création bouillonnante... Il suffit d'entendre "Mauvais ouvrier" ou "Je cours" pour se rendre compte que s'il se passe quelque chose dans la chanson française, c'est plus par là que ça se passe que du côté des chanteuses à prénoms qui psalmodient sur la couleur de leur robe d'été...
Absolument indispensable !

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