Le musée du Quai Branly, accueille donc, comme je le disais hier, jusqu’à fin juin « le Siècle du Jazz » qui a produit un double miracle : celui de mettre à l’honneur une convergence des expressions artistiques lié à ce fabuleux mot, « jazz », et celui, plus personnel, de me faire venir à Paname.
On le sait, le Quai Branly n’est pas un musée consacré à la musique, mais plus à l’ethnologie. Ainsi, si le déroulement chronologique de l’expo appelle nécessairement à parler de l’évolution musicale, ce n’est pas comparable à « Jazz in Little Belgium » qui avait eu lieux il y a quelques années au Musée des Instruments de Musique de Bruxelles, et qui ne parlait que musique.
Jazz et ethnologie, Miche Leiris n’est jamais loin, et c’est sous cette égide, sans doute, que Daniel Soutif (non, Eric, ce n'est pas drôle…) a conçu cette expo, regroupant par grands thèmes factuels autour d’une bande historique les œuvres remarquables exposées. C’est ainsi assez réjouissant de se retrouver face à un Pollock, aux tirages originaux de Man Ray, aux premières illustrations de Jan Matulka… Mais aussi de voir les enchainements de ces créations, et l’influence mutuelle entre le jazz et les autres disciplines. Avec une prédilection pour l’image bien sur : extraits de films, merry melodies, jam-sessions sur-esthétisés ou encore courts métrages vampirisés par la musique pour les films et des tirages splendides de le Querrec, Léonard, Claxton et surtout Roberto Masotti et sa géniale série de portrait autour d’une petite table de jardin, très évocatrice et qui donne des tas d’idées au photographe que je suis !
C’est ainsi étonnant de découvrir les premières illustrations de disques par Warhol, qui penchait son fusain du côté de Cocteau. Ce sont les pochettes qui accompagnent d’ailleurs la progression historique, en compagnie d’articles et de textes d’auteur. Vian, évidemment, princier défenseur du jazz. Mais aussi d’autres, complètement à l’Ouest : des furieux racistes condescendants ou des critiques bardés de certitudes qui excommunient à tour de bras (si, ça existe...)
Super expo en tous cas, pour découvrir et continuer d'aimer le jazz, d'autant qu'il existe par ailleurs un catalogue très complémentaire de l'expo, et qui fera aller plus loin dans le propos.

Et une photo, qui, pour une fois n'est pas d'avoir un quelconque rapport !

10_Rafael