Voilà donc 50 ans que Boris Vian n'est plus de ce monde, même s'il flotte certainement dans quelques limbes pataphysiciennes.
C'est étrange, parce que je me dis depuis un mois que je me dois de faire un papier sur Vian, et au moment de me mettre devant le clavier, je peine à trouver mes mots. Vian, reste un incontournable.
50 ans, et il suffit de se replonger dans ses chroniques de jazz pour comprendre qu'il a absolument révolutionné la forme littéraire de la chronique musicale et la note de pochette (le truc qui n'existe pas avec les MP3...). 50 ans, et il suffit de lire ses foutages de gueules homériques d'Hugues Panassié et sa triste haine du bibope pour regretter qu'il n'ai jamais pu se prendre de face les souffles catharsiques du frijazze. 50 ans et il suffit d'entendre la voix séminale de Magali Noël qui chante "Nous avions 20 ans" pour sentir une petite pointe de nostalgie. Eternelle.
Je me penche, je plonge de nouveau depuis quelques semaines dans les romans, les chansons, les poésies aussi... Je ne peux toujours pas lire l'Ecume des Jours sans une petite brume dans les yeux, et au risque de me répéter, le rythme des chronique de disque est un modèle d'école. Lorsqu'on parle des grands chroniqueurs ricains de Rolling Stones, de Pacadis ou de Bayon, il serait également loisible de relire les chroniques libertaires et d'une précision d'épithète parfaite de Boris Vian.
Sans l'écume, lu à 12 ans, piqué dans la bib maternelle au hasard, je n'aurai peut être jamais aimé le jazz, acculturé par ricochet, même si c'est venu plus tard...
Et sans tout le reste, je ne serai peut être pas entrain de taper sur ce clavier.
Alors, comme il n'aurai pas voulu crever sans avoir vu les singes à cul nu, dévoreurs de tropiques...

Ben voilà.

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