29 juin 2009

L'industrie de la balle dans le pied

Ce qui est bien avec la mort de Bambi, outre de permettre de confirmer l'attirance malsaine pour le factuel clinquant de nos médias de masse -et de faire grimper les stats de Sunship !-, c'est de mettre un peu plus en lumière le cynisme intégral des grandes majors qui tournent en rond sur quelques artistes calibrés surfant sur la même vague depuis les années 80. Il y eut dans les nineties une petite révolution de palais avec l'arrivée du Hip-Hop et d'une musique électronique inventive et libre se développant sur des réseaux parallèles, mais les majors ont usées de leur grand pouvoir de nuisance pour réduire cela au silence.
Pendant ce temps, donc, plusieurs articles sur le net permettaient une analyse du phénomène de la "crise du disque" dont on nous rebat les oreilles. En raccrochant les wagons de ceux-ci, on peut en retirer une constatation assez sybilline : la crise du disque est un magnifique prétexte pour la standardisation des goûts et la fidélisation d'un public captif, peu curieux et surtout qui ne porte à la musique qu'une valeur de code (social, vestimentaire, communionaire).
L'article de BBB est à ce titre un exemple très parlant d'une industrie qui ne voit plus dans la musique qu'un support ludique d'autres moyens de communication commerciale. Dans les clips des années 80, on voyait une bouteille de Pepsi. Aujourd'hui, c'est le produit qui fait vendre la musique, quand elle n'est pas donnée en échange. Plus qu'un changement radical de l'objet vendu, c'est un renversement total de la philosophie même de la soit-disante industrie culturelle : ce n'est plus le produit qui sert la musique, mais l'inverse.
La crise du disque n'est pas la crise de la musique, mais la crise de la standardisation.
Comme le révèle cet article du Guardian dont l'exégèse est faite sur Fluctuat, ce n'est plus que les amateurs de pop achètent moins de disques qu'avant. C'est que le rapport qualité-prix d'un disque mainstream, où seul la chanson qui aura servi à vendre le téléviseur ou le yaourt a un intérêt ne fait plus le poids face à d'autres produits culturels moins "kleenex" comme des jeux vidéos... On rejoint la même constatation que précédemment : la standardisation, le recours massif à l'auto-tune qui permet de vendre des produits qui n'ont même plus besoin d'avoir ne serait-ce qu'une once d'approche musicale a fait dépérir un marché qui n'est plus attractif pour autre chose que de vendre des meubles en kit ou des sous-vêtements vulgaires pour danser dans les campings.
Bref, de l'espace disponible.
A ce niveau, une deuxième constation s'impose : L'industrie musicale de masse ne fait absolument plus le même métier que les labels indépendants et les passionnés. Il faudrait donc que ces gens, et notamment sur des sujets aussi grave que le droits d'auteur cessent de se réclamer de l'industrie culturelle. Quand on produit de la musique pour vendre des lunettes de soleil, on n'est pas producteur, on est oculiste...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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Posté par Franpi à 19:38 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
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Commentaires sur L'industrie de la balle dans le pied

    Et BLAM

    Et bien tout ça est fort bien dit. Il y a deux 'industrie du disque' paralléles. Celle qui est guidée par le marketing, liée au produit dérivé (d'ailleurs on ne sait plus qui dérive de qui) et l'autre qui s'efforce de nous procurer du plaisir en sortant des disques d'artistes qui méritent une écoute attentive.

    Mais ce shéma, même s'il n'est pas reluisant, n'est-il bas bénéfique au final ? Ne permet-il pas, justement, de pouvoir écouter des artistes sans devoir nécessairement acheter des lunettes de soleil ?

    Sans aller jusqu'à parler de culture à deux vitesses, je pense que les strates ont toujours été présentes dans la musique et c'est à l'individu d'aller vers celle qui lui plait le plus. C'est sa démarche. S'il préfère, pour des raisons qui lui sont propres (ou sales d'ailleurs) aller vers le populisme, c'est son choix.

    Posté par LBDV, 30 juin 2009 à 10:27 | | Répondre
  • ne trainant pas dans les rayons ziks des fn*cs et consorts, ne regardant pas la télé et n'écoutant pas la radio, je ne m'aperçois pas de ça (ce qui semble quelque part logique puisque je suis difficilement atteignable par le marketing du coup).

    Quand j'entends un truc qui me plait, je vais sur le site de l'artiste, j'écoute d'autres morceaux, je télécharge l'album (étape facultative) et si ça me convient j'achète le CD.
    Achats réalisés sur le net, sur les sites des labels ou sur amazon en import, il n'y a pas écrit pigeon sur mon front, je ne paierais pas 25€ mon disque sous prétexte que l'agitateur doit me le commander....

    Si les maisons de disques creusent elles mêmes leurs tombes, leurs clients, en écoutant et en achetant bêtement la soupe qu'ils continuent à promouvoir, ne font qu'accélérer la chute.
    Et puis à quoi bon acheter de la merde alors qu'on peut l'avoir gratos chez soi.

    Il est vraiment temps que ce système merdique tombe une bonne fois pour toute...

    Posté par redrag, 30 juin 2009 à 13:10 | | Répondre
  • Fric et Fnac

    Je suis justement passé chez l'agitateur ce WE. Et bien, je ne cracherai pas dans la soupe. De nombreux CD étaient à 7€ et, qui plus est, pas des trucs hyper connus ou star-académisés. J'ai d'ailleurs pu m'offrir l'album d'Allister qui n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire, une star matraquée par les radios.

    Album excellent au demeurant.

    Posté par LBDV, 30 juin 2009 à 14:26 | | Répondre
  • Musiquidéologie ?

    Quelque chose me chagrine dans cet article.

    Enfin, pas que dans cet article, mais dans ce blog en général. En filigrane, le long de ces articles fort excellents, il y une idéologie de la Musique Noble, celle qui a un grand M, celle qui est la vraie Musique, en opposition de la soupe commerciale que l'on nous sert.

    Il est vrai que les majors sont des industries. Le but est de faire du fric, pas de la philantropie. En même temps, c'est le propre d'une industrie. Que les majors trouvent de nouveau biais pour nous refourguer leurs produits ... heu pardon albums, dont acte.

    Maintenant de là à dire que tout ce qui sort de ces majors est une merde sans nom là je ne suis pas d'accord. Je ne souscris pas à cette vue d'une Intelligentsia cultivée qui à mon humble avis est aussi réductrice que celle du Nabot sur la culture.

    J'aime la musique, et je m'en tape bien de savoir si c'est une musique noble, ou une musique commerciale, ou une musique savante, ou une musique populaire. Dans ma discothèque se cotoyent Michaël Jackson, Vas, Claude François et Oum Kalthoum. Y'a même du raggae.

    L'important, c'est pas que la musique soit "bien", l'important c'est d'y trouver son compte au moment ou on l'écoute. Y'en a marre de cette idéologie limite bobo-parisianiste. Non mais.

    Posté par La p'tite sirène, 30 juin 2009 à 15:30 | | Répondre
  • mort

    MJ restera le plus gros vendeur d'album, sa notoriété est née avec le CD, la fin des deux est en passe de coïncider.
    Et le problème dans tout ça, c'est que la culture n'a rien à voir là dedans, c'est l'industrie qui va décider de la fin des supports comme elle a décidé de leur changement... Rappelons que l'industrie musicale est née avec Elvis et le 45 T, soit avec l'avènement de cette pop culture, la musique, et les mélomanes, avant se passaient bien de chiffres de vente, ils ont continué à s'en passer pendant et ils continueront après.
    Alors pourquoi un problème ? simplement parce qu'entre temps est née la communication immédiate de masse (qui me permet de chroniquer aujourd'hui) et qu'on s'imagine un peu trop souvent qu'on ne peut créer sans visibilité.
    On ne sait de quoi l'avenir des musiciens sera fait. Il ne faut pas non plus perdre de vue qu'on est dans un univers fragmenté où il n'y a plus un mais des Mainstreams (si t'aimes pas NRJ-TF1-Télé7Jours, tu peux toujours suivre Télérama-LesInrocks-Nova-Arte).
    J'avais déjà argumenté sur les labels indépendants, un de mes premiers posts ici je crois, en pensant qu'on avait encore quelques belles années devant nous, ce n'est (déjà) plus vraiment le cas à présent : quand les industriels décideront que ça ne vaut plus le coup, c'est toute l'édition musicale qui va disparaître, et on n'y peut rien...

    Posté par eric1871, 30 juin 2009 à 16:21 | | Répondre
  • Idéologie de la Musique Noble

    C'est une bonne question que tu pose, miss sirène, et ta façon de la poser laisse entrevoir un dilemne : doit-on parler de ce qu'on aime pas ? Non. Disons que je ne m'y résout pas, et que j'ai passé l'âge de ce genre d'enfantillages.
    Est-ce que ça veut dire que ce que je ne goûte pas forcément est nul ? Que nenni Même le reggae, un certain reggae fait avec passion et discernement, loin de la volonté de vendre est certainement tout à fait respectable... en fait, la dichotomie est là : on peut trouver son compte, même dans le pire commercial. Le problème, c'est quand la soupe masque toutes les initiatives, quand le rideau de fumée devient si épais que les marges étouffent ! C'est ce que je veux dire dans les quelques billets d'analyse parsemés ça et là : La crise du disque ne doit pas masquer les initiatives et les passions, et le marché du disque n'est pas UN. Après que les initiatives passionnées soient électroniques, Hip-hop, Jazz, Contemporaine ou Reggae, peu importe.
    Après, je suis un soldat de la cause improvisée. Ce blog parle beaucoup de ça, parce que c'est la musique que je connais et que j'aime. On me faisais (c'est termibé maintenant) le reproche d'être sectaire à une époque où j'étais moins pédago, peut être... Mais tu sais bien ce que j'ai dans ma discothèque : du punk, du rock, du progressif, des musiques de pays improbables, des groupes estampillés trip-hop, beaucoup de Hip-Hop, de la soul, du funk, de la musique indienne, balkanique, soufie, mandingue, éthiopienne, de l'électronique, de la musique contemporaine, et du jazz... Parce que c'est ce qui m'a parlé le plus fort (devrai-je dire qui m'a crié aux oreilles) à un moment de ma jeunesse.
    J'espère ne pas laisser transparaître le parisianisme, en premier lieu... Les viviers dont je parle sont souvent loin de Paris et se moquent des standards, de la mode et de la posture, laissons ça à la pop anglaise -provocation-. Mais il n'y a pas de musique "noble". il y a des musiques plus cérébrales que d'autres c'est un fait... Mais je n'ai rien contre un bon ska bien bourrin
    Et même un Stéphanie de Monaco ; mais là il me faut beaucoup d'alcool, quand même...

    Posté par Franpi, 30 juin 2009 à 18:09 | | Répondre
  • ma définition de la soupe:

    http://zonemetal.com/trip/NickelBack.mp3

    (deux chansons différentes, une voie gauche, l'autre voie droite, synchronisées)
    ça s'applique à tous les styles de musique.

    Posté par redrag, 30 juin 2009 à 22:06 | | Répondre
  • Bravo

    Mieux que n'importe quel exemple ! RE-MAR-QUABLE!

    Posté par Franpi, 30 juin 2009 à 22:11 | | Répondre
  • @Eric1871

    C'était un peu le propos de ce billet.. J'ai été très optimiste, puis moins, puis plus du tout, et puis j'ai posé le problème différemment... Oui, cette industrie va crever.
    Mais je pense toujours que les passionnés, les disques dans la cave, les musiques savantes subventionnées resteront.
    C'est pour ça que ce serait bien que les marchands de soupe arrêtent de parler au nom de la profession !

    Posté par Franpi, 30 juin 2009 à 22:15 | | Répondre
  • la cave...

    demain, comme au moyen âge, nous n'écouterons les vrais musiciens que face à face, et tant pis pour ceux qui ne se déplacent pas ou ceux qui sont dans des endroits qu'on ne visite pas...

    Posté par eric1871, 01 juillet 2009 à 11:05 | | Répondre
  • Face à Face

    Je n'arrive pas à partager ton pessimisme Eric... Il y aura toujours la place, peut être congrue mais toujours en réseau pour de la musique de vrais passionnés en direction de vrais passionnés. Il n'y a qu'à voir les petits labels qui naissent, meurent, se fédèrent et résistent.
    Je ne vois pas ça s'effondrer.

    Posté par Franpi, 01 juillet 2009 à 19:05 | | Répondre
  • Pas tant d'alcool que ça ...

    ... la Pelinkovac, c'est pas grâce à toi qu'elle a été finie non plus.

    J'ai peur cependant que tu n'aies pas bien compris mon propos. Je ne te demande pas de parler de ce que tu n'aimes pas. Tu ne le feras pas, à moins d'y être contraint par un Smith & Wesson.

    Je dis juste qu'au fil des pages de ce blog, il y a cette pensée insidieuse qui se répète sans cesse : s'il on écoute de la soupe, c'est qu'on est un boeuf. Un ignare. Quelqu'un qui n'a aucun sens artistique et qui n'en aura jamais. Bref, le genre de discours qui me rapelle le Parisianisme auquel je suis confrontée depuis mon enfance.

    Ne peut-on donc être esthète et aimer le populaire ?

    Posté par La p'tite sirène, 02 juillet 2009 à 11:15 | | Répondre
  • C'est l'seul défaut que j'gobe ?

    Music you like/Music I Like/Music I used to like... J'en ai fait un jeu, tu noteras ttp://tinyurl.com/mfq8gn

    C'est vrai que je pense que si on habitue les gens à manger de la merde, ils ont tendance à penser au bout d'un moment que finalement, il y a un petit gout parfumé pas si mal derrière. Si en plus, on laisse entendre à grande échelle que le homard c'est très surfait, compliqué à éplucher et qu'en plus faut être un sacré snob pour aimer ça, à tel point que les homardolâtre seront montré du doigt comme étant déviants, sectaires et méprisants, on ne laissera plus de place qu'à la merde, et on ne se laissera plus contenter par autre chose. Est-ce que ça fait de celui à qui on a imposé la merde un gros boeuf ? Non, tout le monde n'a pas forcément ni l'envie, ni le temps, ni l'espace nécessaire pour être curieux. Est-ce sa faute ou celle de ceux qui l'auront accoutumer à la merde ?
    La musique a en cela de mieux que le homard n'est pas plus cher que la merde, voire moins cher, des fois
    Qui sont les responsables de l'affadissement, de la dégradation du mainstream ? En vrac : l'industrie, la pub, les programmateurs radio qui matraquent, les suivistes des précédents, les salles qui ne prennent plus de risque, par ricochet les politiques qui ne veulent plus prendre de risques pour leurs salles, les coups de coeur de la presse généraliste qui ne sont plus que des coups de chéquier, les producteurs qui tiennent leurs chéquier en tremblant de prendre un risque, les grandes salles pour Holiday on Ice et les grands messes qui font toujours la place au même réseau d'artistes moisis. La liste est longue. Ce n'est pas être un boeuf que d'écouter les "artistes" élevés en batterie, tout simplement parce que parfois les autres choix ne sont pas possible. Mais l'élevage en batterie, lui, pourrait être de meilleure qualité. Ca me fait de la peine de ne plus avoir aucun point commun avec le mainstream, comme ce fut encore le cas dans les 90's.
    Seconde question : "Ne peut-on donc être esthète et aimer le populaire ?"
    Cette question nécessite une définition dans un premier temps. Populaire. Qui plait au plus grand nombre, qui peut plaire au plus grand nombre ou qui n'est pas compliqué ? J'ai bien peur que l'acception soit la dernière dans ta question. J'y reviendrai.
    En ce qui me concerne, j'en donne la définition médiane : qui peut plaire au plus grand nombre, soit à dire ce qui pourrait avoir un succès de masse si jamais on laissait la musique se débarrasser de ses étiquettes et des contempteurs du succès immédiat, facile et sans "mise en danger". Autotune/clip sexiste/rythmique avec pied marqué par exemple...
    Je pars du principe qu'à de rare expression près (musique atonale, bruitiste...)La musique est compréhensible par tous (j'aime bien l'expression "faut arrêter de prendre les cons pour des gens") tout est affaire de distance et de décorum. Je pense que de la pop anglaise sur deux accords qui passe sur Le Mouv, Ouï, Europe 2, Taratata et au grand journal de C+ et qui se produit dans un club parisien branchouille et cocaïnomane est moins populaire que du Free-Jazz dans une fête de campagne !
    Lubat, Tous Dehors, Le Gros Bal, La Campanie... J'ai vu ceux-là se colleter au public populaire et renverser la salle, j'ai vu Tous Dehors faire guincher jusqu'à 4 heures du matin des cailles avec leur môman dans un quartier populaire et relégué...
    Revenons sur la pop anglaise, dont j'adore des bouts entiers : Beatles, Blur, Jamie T, etc... Entre nous, tu n'as pas l'impression qu'il y en a des centaines qui se la pètent grave avec leur musique vénère sur deux cordes en se prenant pour les nouveaux Mendelssohn ? C'est ceux là qui prennent la musique populaire pour des bœufs !
    Pendant presque une décennie, et certainement de nouveau à la rentrée, j'ai animé une émission de radio qui se voulait passeuse de goût, d'émotions et musique en tentant la pédagogie, les transitions entre les musiques, les ponts qui mènent à la curiosité. J'ai bien conscience que la musique que j'aime le plus n'est pas la plus facile d'accès. Mais il faut le reprocher à ceux qui ont mis les barrières, pas à ceux qui essayent de les enlever !

    Posté par Franpi, 02 juillet 2009 à 17:28 | | Répondre
  • Le bon grain et l'ivraie

    Même dans les groupes de pop jouant sur deux cordes, il y en a que j'aime et d'autre que je n'aime pas. Je n'irai pas dire qu'il y en a des bons et des mauvais. Les gouts et les couleurs hein .....

    Quant à savoir par quel média ou quel biais on prend connaissance de l'existence de tel ou tel morceau, il faut bien voir un truc : C'est que quelqu'un qui est sensible à la musique fera inconsciemment la démarche d'aller la chercher. Ca pourra être en trainant dans des toutes petites salles de MJC (où on peut trouver de trés bonnes choses), des bars, des radios programmant différement, etc etc.

    C'est le même principe que pour la lecture : Quelqu'un qui aime lire va provoquer son propre engouement. En entrant dans une bibliothèque, il ne va pas se contenter de prendre les livres mis en avant pour le bonheur du plus grand nombre. Il va aussi aller chercher au petit bonheur la chance en parcourant les 4eme de couv' et en tentant de comprendre l'esprit du livre juste en le soupesant.

    Ce que je veux dire par là, c'est que, comme pour toute consommation, c'est l'utilisateur final qui fait le choix. Et je considére que se déresponsabiliser en disant "C'est les majors qui imposent, c'est la grande distri qui ne laisse pas le choix, c'est les grands éditeurs qui matraquent" n'est pas l'explication adéquate. Nous sommes dans un pays où la culture est (encore) libre d'accès. Profitons-en.

    Si une grande partie de la population ne fait pas l'effort de gratter un peu pour trouver des choses différentes, tant pis pour elle. Mais n'en a t'il pas toujours été un peu comme ça ?

    Et j'en reviens à ce que je disais plus haut, il y a plein de façon de consommer et chacun y trouve son compte. Tant mieux finalement. Quand aux petites salles qui ne prennent pas de risques, j'en connais au moins deux près de chez moi, donc en pleine cambrousse, qui en prennent. Et pourtant, elles sont toujours bondées. Le bouche à oreille marche trés bien.

    Posté par LBDV, 03 juillet 2009 à 08:14 | | Répondre
  • Oui,

    Mais tu as la possibilité d'être curieux, et d'avoir un autre horizon que les radios. Helas, ce n'est pas donné à tous... Et c'est en imposant toujours la même merde dans les robinets à connerie qu'on façonne une opinion.
    Quant aux petites salles, c'est toujours le même problème que pour la fête de la Musique... La réalité d'une grand ville est différente de celle de ton coin où, paradoxalement, l'absence d'enjeu -et peut être de concurrence, c'est à méditer- permet plus d'initiative

    Posté par Franpi, 03 juillet 2009 à 08:22 | | Répondre
  • Pas faux

    Effectivement, l'effet de massification d'une ville apporte plus d'enjeux et donc attire plus les convoitises. Du coup, le pré-maché marche mieux.

    Je te rejoins sur ce point.

    Posté par LBDV, 03 juillet 2009 à 11:35 | | Répondre
  • pessimisme

    Ces dernières analyses sont certes justes, mais je reste pessimiste un peu pour les mêmes raisons.
    L'immense majorité des gens n'écoute pas de musique. C'est cela la réalité.
    Depuis les années 80 l'édition phonographique était devenue une industrie qui générait de la consommation, cela s'achève à présent et, je le redis, la musique avait plutôt bien survécu à ça grâce aux passionnés qui trouvaient leur place dans ce modèle. Dorénavant, il semble que la société de communication dématérialisée ne donne plus que l'illusion de la diversité et de l'accès libre à tout, alors qu'au contraire, même fragmentée, elle n'offre que standardisation et courants à suivre en laissant de côté des pans entiers de la culture (cela est dû bien entendu à l'inculture originelle des animateurs du réseau mondial).
    Or donc, demain, à mon avis, Hadopi et les échanges de fichiers concerneront encore cette frange appelée musique populaire, et les passionnés seront bien plus dans la galère encore qu'aujourd'hui si possible, pour programmer de la musique et accueillir des musiciens...

    Posté par eric1871, 03 juillet 2009 à 11:54 | | Répondre
  • Les passionnés

    Que les "animateurs historiques du réseau" aient une culture sommaire pour certains d'entre eux, peut être, mais à noter que Internet est aussi l'arme des passionnés et des passeurs. Je pense qu'au contraire, cela doit permettre une meilleure cohésion des réseau musicaux... Mais de plus en plus en marge, puisque la standardisation scinde de plus en plus les deux mondes. Comme la fin d'Underground de Kusturica, la fanfare folle des blakans se détache peu à peu d'un monde qui n'est déjà plus le sien !
    Pour ce qui est de la prog, ça doit être un peu pareil, sauf que la prise de risque, à de rares exceptions soulevées par LBDV est génératrice d'autres enjeux qui effectivement vont mettre de + en + en galère les passionnés et les curieux.
    C'est pour ça que je le répète, il faudrait désormais que les marchands de soupe arrête de parler au nom du monde de la musique qu'il se sont échiné avant tout à casser.

    Posté par Franpi, 04 juillet 2009 à 10:31 | | Répondre
  • La pression sur les progs

    Je l'avais déjà dit, Orelsan ce n'est pas ma tasse de thé, ici : ... http://tinyurl.com/m4kb8t Mais quand je lis ça : http://tinyurl.com/n2f43f ça donne un exemple concret du pouvoir de nuisance d'une posture politique sur une prog culturelle...
    Du coup, effectivement, le pré-maché passe mieux.

    Posté par Franpi, 04 juillet 2009 à 16:30 | | Répondre
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