Un hommage à Boris Vian par des chanteurs français produit par Universal...
J'avoue avoir eu la plus grande méfiance lorsque j'ai acheté ce disque, tant ce que j'en avais entendu me semblait rédhibitoire, autant d'ailleurs que la présence de la palette de chanteurs pipôle au charisme d'huitre et à la voix de canari souffreteux (la sainte trinité Bruni/Dombasle/Daphné notamment...). Heureusement pour le projet d'Olivier Nuc, il y a bien plus d'interprétation qui tiennent la route et qui sont même tout à fait réjouissants que de passage obligés pour médias en perdition lorsqu'on sort des artistes de la liste-qui-plait-au-public-qui-a-toujours-raison.
On voit fleurir depuis quelques années des projets identiques sur les grands chanteurs du patrimoine francophone : Brel, Brassens, Yves Duteil et consorts... Sauf, bien sur le grand Léo Ferré. Dommage, je rèverai de voir Grand Corps Malade s'en prendre à "Il est six heures ici et midi à NY" pour qu'il se rende compte de sa propre vacuité. Bref.
Dans leur hommage à Vian, l'inventeur du tube, la plupart des chanteurs, essayent de s'approprier les thèmes en emmenant parfois la chanson sur leur propre terrain, comme l'excellente prestation de François Hadji-Lazaro (et une version "Pigallesque" du tube de Magali Noël "fais moi mal, Johnny"), M, Melle K, Rona Hartner ou encore Lio (oui, Lio) bien aidé par des arrangements remarquables que l'on doit en grande majorité à Fred Pallem du Sacre du Tympan, nous y reviendrons.
L'album se divise en deux disques, chansons probables et chansons improbables. Si le premier album ne révèle guère de fautes de goût, le second est celui des grands écarts puisqu'à une Dombasle autotunée succède des textes lus par des comédiens sur une musique d'une grande richesse (il y a notamment Terre-Lune lu par Carole Bouquet et Je voudrai pas crever par Edouard Baer qui scotchera tous les amoureux de Vian...).
Mais il faut bien le dire, c'est surtout musicalement que le disque est une réussite. Autour d'un Pallem dont on reconnait chacune des interventions et notamment cette passion pour André Popp (notamment sur "La complainte du progrès" par Juliette) ou pour Gainsbourg ("casserole sérénade" par Arthur H), on retrouve les musiciens du Sacre du tympan en grande forme.
A bien des titres, par moments, on pourrait même penser au nouvel allbum du combo, dans l'approche musicale foisonnante et faisant autant référence au jazz qu'à une certaine pop... Ce qui n'aurait, à n'en pas douter, beaucoup plu à Boris Vian.
Au final, un disque inégal et divertissant, mais qui accompagnera bien les vacances...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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