La compagnie Frasques est une compagnie multidisciplinaire nantaise qui se réclamant du jazz et de toutes les musiques populaires et savantes se devait de finir ici un jour où l'autre !
Fondé en 2003 par le pianiste Guillaume Hazebrouck et le clarinettiste Olivier Thémines, la compagnie regroupe sur divers projets qui relient le cinéma, le jazz, la littérature et bien sur le théâtre dans une volonté de transversalité des discipline et de décloisonnement des registres. Briser les étiquettes jusque dans les disciplines et développer une musique en liberté qui ne néglige pas ses racines populaires.
Joli dessein.
Coup sur coup, ce sont deux albums de la compagnie, des deux créateurs qui sortent chez Yolk au milieu de l'été, preuve encore de la grande vivacité et de son rôle de relais de la musique vivante. "Frasques" du Guillaume Hazebrouck Sextet sera donc le premier abordé... Hazebrouck est un jeune pianiste qui a composé l'ensemble des morceaux, et dont la musique évoque évidemment Bruno Régnier mais aussi Ferlet, Mascart ou Oliva et plus globalement toute ces artistes qui ont travaillé sur la mise en musique de films muet et ont ainsi une approche graphique, impressionniste de leur musique.
La musique du sextet est une musique qui évoque l'errance, le doute et l'aventure intérieure extrêmement intimiste dont chaques morceau est un continuum.. Il y a tant dans le phrasé très sensible du pianiste élevé à Carla Bley et à Steve Lacy que dans les envolées du saxophoniste Sébastien Rouiller des évocations d'images et d'ambiances qui pourraient se passer de l'image à défaut de se passer du son tant on en perçoit parfois jusqu'à la granule du celluloïd.
Hazebrouck est accompagné de tauliers du collectif Yolk en guise de section rythmique survitaminée et très mise en avant. La contrebasse baladeuse et diablement mélodique de Sébastien Boisseau (auquel se confronte le contrebassiste Laurent Vanhée, plus rythmique) se trouve parfaitement avec un Nicolas Larmignat parfait dans son rôle de batteur expressif.
Le morceau pivot de l'album est d'ailleurs "Le Passager du tramway" sur un texte de Kakfka issu de "La Métamorphose" dit par le chanteur et percussionniste Kristof Hiriart d'une voix particulièrement précise. Cette chanson donne le ton à l'album dans sa recherche de la phrase musicale la plus descriptive et évocatrice possible. On notera également une remarquable prestation du chanteur sur "Souffle" chanté en basque et qui est là aussi d'une densité rythmique remarquable.
L'album du Guillaume Hazbrouck sextet est une bien agréable surprise au milieu de l'été, et une vraie découverte de la compagnie Frasques qui sera toute la saison prochaine en résidence aux "Petits Faucheux". Heureux tourangeaux...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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