Second disque de la compagnie Frasques sorti chez Yolk dans le courant de l'été, Miniatures d'Olivier Thémines est un disque précieux, qui demande à se déguster avec délectation, en prenant le temps d'en apprécier les recoins, les subtilités et les inclinaisons, un peu comme l'on goute une brise d'été dans un lieu familier. Tout s'y mèle : la nostalgie, le temps qui s'écoule et qui s'égrène, et une plénitude fugace. C'est tout le propos des morceaux miniatures de cet album qui porte vraiment bien son nom, miniatures, tant s'imbrique dans des petites saynètes musicales (des morceaux entre 1'30 et 3'30) des sentiments diffus, fugaces, vaporeux qui s'articulent entre écriture et improvisation avec une minutie expressionniste.
Le clarinettiste, signe ici en trio son premier album studio enregistré à "La Buissonne", l'un des plus beaux de France une musique improvisée qui lorgne avec bonheur vers une musique de chambre apaisée, faites de sensations et d'onirique. Miniatures est un disque plein, à la fois dense en cohérent tout en s'offrant des chemins de traverse qui cherchent à brosser une gamme de sentiments diffus et éthérés.
Tout comme le disque de Guillaume Hazebrouck, dont on retrouve le toucher de piano fin et parcimonieux, économe de geste mais pas d'émotion, Miniatures révèle un talent issue d'un lourd héritage cinématique qui ne se dément pas. Le dialogue du trio est d'ailleurs absolument tourné vers l'image, qu'elle soit mentale, musicale ou simplement cinématographique, et à ce titre, le rôle du vibraphoniste Kit Le Marec est absolument central par la force évocatrice de son jeu.
Olivier Thémines, on a pu rencontrer, comme Le Marec dans le Xtet de Bruno Regnier, ce qui n'étonnera pas ceux qui connaissent le travail de l'Xtet autour du cinéma. On ne sera pas étonné dès lors de savoir que le clarinnettiste ne lorgne pas seulement sur l'oeuvre de Jimmy Giuffre, mais créé également des musiques pour des films muets...
Miniatures, c'est la rencontre entre l'hiver douillet et cristallin du morceau "exquise banquise" et la déambulation tranquille de "court et muet", deux pièces de l'album qui résument à elles seules un album où le burlesque déguingandé de Buster Keaton n'est jamais loin ("petit pas de trois") et s'exprime jusque sur les chaussures à ressort qui illustrent la pochette de l'album... Une vraie belle découverte.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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