Quinze jours à écouter France Inter vous donne des envies de Culture. C’est le slogan que je conseillerai aux dirigeants de France Culture si un jour de sécession, leur venait l’envie de ramasser une frange du public désabusé des cousins de la maison ronde.
Durant les vacances, sans accès à Internet où à la télévision, il nous est arrivé souvent d’écouter Inter. Mis à part quelques émissions réussie (Dernier Parking, la rétro Nougaro…) la grille d’été famélique d’Inter donne le tournis et l’envie indéniable de tourner le bouton vers Culture ou Musique... Car malheureusement, RTBF n’est pas encore captable via l’hertzien ardéchois, nonobstant le nombre d’estivants d’outre-quiévrain qui errent dans la rocaille ensoleillée de la vallée du Rhône…
Il suffit d’écouter à la suite le journal de France Culture de 18h et le journal d’Inter de 19h pour se rendre compte du gouffre : analyse en profondeur, géopolitique, intérêt pour l’information de fond et factuel au minima sur Culture ; informations vénielles, jetables, pipolesques tant il y eut des moments où j’avais l’impression de suivre minutes par minutes les barbecues présidentiels, anxiogène et compassionnelle sur l’antenne d’Inter, qui semble devenir l’annexe « colliers de barbes » du « Parisien Libéré ».
Et puis il y a l’ineffable Julien Delli Fiori. Si l’on peut se réjouir qu’une émission cause de jazz quotidiennement et soit doté d’un parti-pris, même si c’est celui de défendre un jazz mainstream bouffi de certitudes et pétri d’ennui, l'attitude de l’animateur est plus difficile à encaisser, ce que Mathieu de Spadee Sam résume parfaitement.
Que Delli Fiori n’aime que le jazz facile et commercial, c’est son choix (même si l’on pourrait espérer un peu plus d’universalité sur la chaine généraliste), mais qu’il ne diffuse des artistes que pour s’en gausser, les descendre et bien enfoncer le clou du bon goût –qui, il va sans dire est forcément le sien- est intolérable... Et tonitruant, tant l’animateur passe la plupart de son temps à intervenir à tous propos pendant les morceaux, empêchant les auditeurs d’entendre ce pourquoi ils sont devant le transistor : entendre de la musique et pas de la logorrhée !
La retransmission du festival de Marciac se transforme ainsi chaque année en une tribune de la certitude où les musiciens français sont sauvagement chuntés (impossible de savoir, si on ne lit pas Sun Ship qui étaient les babyboomers d’Humair qui ont eu le droit à 17 pauvres minutes !) et où Marsalis est le dernier mohican du vrai jase… Le tout en se permettant régulièrement de moquer le talent des musiciens qu'il ne goute pas ! D'où l'intérêt de méditer cette phrase de Deleuze : "on devrait s'interdire de parler de ce que l'on aime pas"... La preuve, je n'évoque pas Grand corps malade !
France-Inter fut un temps la radio de ceux qui « avaient quelque chose entre les oreilles ». Les acouphènes sont peut être entrain de devenir du temps disponible...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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