Le Havre a beau changer, prendre des atours de ville balnéaire que ne sera jamais cette belle ville moderne et industrieuse, où le paradoxe veut qu'elle est devenue patrimoine sous la férule de ceux qui la disait laide, elle restera toujours la ville debout, fière, ouvrière qui ne s'embarrasse de Casino et de petit train que pour abuser ceux qui ne voudraient pas voir.
Le Havre reste toujours ce petit bout de New-York dans mon imaginaire, avec sa plage vide où l'on se promène la tête rentrée dans un coupe-vent de plastique en laissant mon chien courir devant, ces satanées cassettes qu'il fallait retourner, après avoir consciencieusement pompé les disques là où il se trouvait, construisant les futures chroniques que vous lisez ici ou ailleurs.... Je n'ai plus de chien, je ne suis plus au Havre, et il arrivera un jour, tardif, fusse-t-il le plus tardif, où je n'aurai même concrètement plus rien à y faire....
Je crois que toujours je passerai quelques heures de temps à autres à contempler la mer en se tordant les chevilles sur ces putains de galets, gouter la lumière de l'hôtel de Ville et l'abrupte béton du Volcan, en se demandant par quel miracle les concerts ont migré vers la mer...
Le Havre, ce sont des lignes, de l'épure... Ce que j'aime en photo. J'ai décidé de labourer une autre ville et de défricher d'autres terrains, de m'inscrire dans d'autres lieux pour y délivrer d'autres projets, mais qu'importe je crois, dans le fond il restera toujours une place à part pour le roulis continuel des galets...

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