Il y a des soirs, fatigue de la journée aidant, on passe la soirée devant la télévision plutôt que d'écouter le vieux Mingus sur lequel je viens de remettre la main (tonight at noon... moi je serai couché, j'embauche demain...) ou de profiter d'un récent envoi presse entêtant.
Mais c'est ainsi, et on se retrouve entrain de regarder un type nous expliquer que si on met le pouce par dessus l'index, c'est qu'on a envie de manger des nouilles, où si on téléphone avec l'oreille gauche, c'est qu'on est timide (en ce qui me concerne, c'est parce que j'ai une faiblesse à la main droite. Ca compte ?).
Le genre de gourou médiatique qui coache ad libitum pour apprendre aux gens à être faux, à se comporter comme il est censé falloir, à serrer la main comme c'est écrit dans le manuel ; a ne pas se toucher les cheveux pour mieux se vendre à l'employeur.
Le genre de personnes qui éditent des "tests de compatibilité amicale" pour savoir si on peut être suffisamment falot avec le monde qui nous entoure pour pouvoir avoir des relations sans se payer une bière, se serrer dans le bras ou se parler musique (ou les trois à la fois). Qu'il est triste celui qui fait des tests gratuits de compatibilité amicale sur le net pour savoir s'il peut être ami avec son client ou son chef... Le genre de personnes qui donnent envie de gestes désordonnés.
Au XIXème siècle, on étudiait le crâne des criminels pour trouver la bosse du crime ; aujourd'hui, on fait des livres pour se croiser les doigts dans le bon sens aux entretiens d'embauche, juste avant le test de graphologie. D'autant plus agaçant lorsqu'on se plonge dans le fabuleux documentaire de Paul Moreira ( qui d'autre ?) "Le travail en miettes" qui analysait le lent glissement vers le travail intérimaire, vers cette vente exacerbée de soi.
Je retourne à ma musique, ça vaut mieux comme ça.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, un peu de Japon en Ardèche...

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