Le lisse, c'est comme la gentillesse, je crois que c'est la chose la plus détestable qui ait été inventé de nos jours.
C'est pour ça, la musique abordée dans ces pages. C'est parce qu'il y a toujours un grain de sable, du relief, de l'inattendu, du fortuit, un petit souffle éreinté, bref de la vie... Par exemple, aujourd'hui m'a accompagné un disque formidable de Michel Massot dont j'espère vous parler mercredi, si tout va bien.
Le lisse, la communication, la position calculée, métrée, proprette... La musique proprette qui ne fait pas mal à la tête et qui passe comme une info prémâchée des chaînes d'information en continu : ostinato de vide dans un univers de rien. S'il existe l'insuppportable, il est dans cette espèce d'obnubilation bêlante du refus  de la catastrophe féconde.
C'est ainsi que dans ce marasme, le sophisme devient une forme de provocation ultime ; c'est florilège à la télévision, devant des caméras complaisantes, de la "nationalisation" de Suez en passant par le fait qu'un homme inéligible ne se cache pas de revenir à la mairie n'ait au fond rien de choquant. La aussi la provocation creuse ne sert qu'une lisse indignation...
Mais pour les amateurs de yaourt tiède ou de flan mou, je vous invite à lire l'édito du dernier Technikart récemment en kiosque et qui relate l'interview empêchée par la maison de disque de Benjamin Biolay (le chanteur français qui ressemble à une Dépression et sa musique à une asthénie...) alors que ce dernier avait décidé de se lacher un peu sur CarlaBi.
L'éditorialiste de Technikart qui se pose la question de l'appartenance des deux artistes au même label dont le patron vient d'être nommer président d'une toute fraîche commission est sans doute légitime dans sa formulation... La raison invoquée par Naïve ? "Ce n'est pas une façon de soutenir un artiste"
Ce n'est donc plus que ça, la presse culturelle papier ? Soutenir un artiste ?

Préférons une photo qui n'a rien à voir...

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