La venue de Prince sur le plateau de Canal Plus était présenté comme un évènement. Un regard rapide dans le rétroviseur laisse pantois. Rogers Nelson, que l'on l'appelle TAFKAP ou n'importe quel nom que la diva voudra bien se donner, a toujours été l'un des animateurs, l'un des passeurs et l'un des précurseurs de la musique populaire, et l'un de ceux qui fit muter la musique des années 80 (qui est, rappelons le, un crime contre l'Humanité...) vers les salvatrices nineties... Au final, il est un des rares dans la pop à pas avoir de date de péremption comme n'importe quel yaourt au bifidus de batterie.
Lenny Kravitz avait quant à lui une DLUO de 15 jours, et ne parlons pas de Mark Knoffler.
En fait, n'en parlons jamais.
Prince a donc fait une prestation à sa hauteur au "Grand Journal", c'est à dire une musique telle que devrait toujours être la pop : brillante sans tirer vers le clinquant, intelligente, créatrice, ouverte...
En fait, seul le plateau de Canal restera un énigme.
Au delà de la présence de Philippe Manoeuvre, l'homme qui répond toujours présent quand il s'agit de dire une connerie (l'explication métaphysique sur le downtown et le uptown en prenant en exemple Minneapolis et Paris était absolument ésotérique), c'est la présence de Sliimy  qui interroge.
Sliimy est une énigme. Quand je vois ce jeune homme à la voix de Brigitte Fossey -dans jeux interdits- et au charisme de François Baroin qui chante des mièvreries qui ferait passer Mika pour un docker fan de Motorhead, je me demande toujours quelle mortifère affliction pousse des gens à trouver ça sympa. Coeur de Pirate à côté, c'est limite de la musique de chambre. Bref, on apprend dans la bouche de Denisot que "Sliimy est souvent comparé à Prince".
Mis à part un goût commun pour l'acrobatie capillaire, si Sliimy ressemble en quoi que ce soit à Prince, tout est possible. Même qu'un bachelier de 23 ans devienne directeur d'un organisme de premier plan...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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