Vendredi soir, au Trianon Transatlantique de Sotteville-lès-Rouen, j'allais voir Oldelaf & Monsieur D. faire leur chouette spectacle entre chanson, humour et happening débile lorsqu'ils se déguisent alternativement en playmobil ou en lapins... Bonne soirée, avec beaucoup de monde et un moment manifestement partagé avec les artistes sur scène. Je n'ai pas fait de photos parce que la configuration de la scène en mode "fosse" ne me convient pas, mais c'était tout à fait agréable... En quittant la scène après moult rappels, Olivier Delafosse, le Oldelaf précité glissa au micro : "merci de venir voir les artistes sur la scène et de ne pas rester devant votre télévision".
C'est vrai que malheureusement, on en est un peu là ; sans parler de posture militante, ce qui serait profondément grotesque, aller au concert, soutenir les "interchomeurs du spectacle" comme disait Oldelaf est devenu plus difficile. La faute à la crise, sans doute, au climat général de dévalorisation de la Culture, bien sur, mais plus surement à la difficulté d'organiser des spectacles dans les villes, et plus particulièrement dans des petits lieux (petites salles, lieux associatifs) à cause du bruit, des assurances, de la frilosité des subventions publiques ou des normes toujours mises en avant quand on a pas envie de mettre à disposition les salles municipales (mais qui sont toujours plus souples quand il s'agit de cérémonies types banquets de mariages et autres joyeuseté d'une banalité infinie, tellement plus neutre en terme d'image...).
Il n'y a qu'à voir également les difficultés que connaissent les cafés pour organiser des concerts dans les grandes villes depuis cette loi stupide obligeant certains spectateurs à aller fumer dehors.
Face à cela, une pétition issue des organisateurs de soirées "électro" parisienne s'est créée pour dénoncer une nuit qui se meurt sur Paris ; elle pourrait malheureusement se calquer sur maintes grandes villes, et Rouen n'est pas épargnée, loin de là.
Je pense que ce n'est pas la proximité de la Région Parisienne qui est en cause, sauf si le vent d'est, si rare dans la vallée de la Seine, est porteur de frilosité. Le problème est plus structurel et national, voir les difficultés rencontrées par le 3 Pièces (qui fait pourtant la programmation jazz qu'on attendrait d'une politique culturelle volontariste !) et autres.
Comme le disent les pétitionnaires : Les trois premiers termes de l'équation sont simples : pas de culture sans musique, pas de musique sans lieux de diffusion, pas de lieux de diffusion sans vie nocturne.
Quel peut être le sens d'une Loi de Santé publique qui aboutit à empêcher les gens de danser ?

Sauf si bien sur la culture est plus dangereuse que la cigarette, bien entendu.

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