Je ne sais pas si c'est regarder le zapping qui me fait penser à Polanski, mais c'est en regardant le troisième volet de l'émission de Canal+ la plus riche de témoignage sur notre monde médiatique qu'il est apparu facile de faire un parallèle avec le battage autour de la libération de la Palme d'Or la plus pénible de la décennie et les sorties médiatiques du début de ce siècle.
Il est bien évident que le zapping est absolument subjectif, comme tous les éditoriaux, n'en déplaise aux scouts de la PQR. Mais cette subjectivité est riche d'enseignements sur les images kleenex de la télévision. Qui se souvient aujourd'hui qu'il fallait pour le premier ministre une -juste- présomption d'innocence pour un maire toulousain alors qu'il était écrit d'avance pour un ministre de l'Intérieur qu'un homme non jugé était coupable d'un meurtre contre un Préfet en Corse ?
Tout le monde, sans doute, mais le montage le ravive, choque, interpelle et rappelle que, quelques années plus tard, ce genre de mesquineries deviennent si crue qu'elles en sont assourdissantes. Il ne convient pas de commenter ici telle ou telle décision de justice, ce qui n'est pas mon propos ni mon envie... Simplement de souligner que lorsqu'on souhaite se draper dans le satin plissé de la République avec la posture digne des coqs de combat, on en respecte l'un des fondements ou l'on assume de manière claire le choix d'en faire une toile cirée sur laquelle on épluche ses oignons.
Qui se souviendra dans dix ans de Polanski, libéré le jour de la journée internationale des violences faites aux femmes sous les satisfecit de toutes la bandes de philosophe à mèche qui vomissent tout ce qui n'est pas de leur temps, Internet en tête ?
Espérons que dans ces quelques années on se souviendra des propos de Claude Lelouch, cet homme qui aura fait autant pour le cinéma français que des pruneaux pour mon transit, saluant la libération de Polanski comme "le retour à la civilisation" et qu'on les confrontera aux charters qui décollent ou à l'embastillement d'un jeune philosophe dont la seule chose qui semble lui être reproché, quoiqu'avec avec de moins en moins de vigueur, est d'avoir ralenti des trains avec du matériel en vente libre chez Casto-dépôt.
Comme j'aimerai que ces beaux penseurs capillaires soient invités par Florence Aubenas, présidente de l'OIP, visiter une prison lépreuse, et repenser ensuite leur parole de mainates de leur Classe quand ils parlent de barbarie pour un bracelet électronique dans un chalet de Gstaad.
Mais ne rêvons pas ; à ce niveau d'hallucination, le principe de réalité se pourrait presque mortel. D'autant plus quand elle est relayée par le flot continuel des péroraisons informative qui traitent la sortie de Polanski comme d'un fait majeur, alors que ça ne semble choquer personne...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir, un peu d'air...

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