Ce soir, grâce à des invitations, nous nous laissons porté par le métro que je prends sempiternellement chaque jour mais qui me conduit autre part que sur l'un de mes lieux de travail... Il franchit plusieurs stations sans s'arrêter et arrive dans les locaux laborieux d'entretien des rames de métro... Le lieux est diablement photogénique mais je n'ai pas pris mon appareil, il fait trop nuit et nous ne sommes pas là pour cela... L'orchestre de l'Opéra de Rouen nous attend dans le cadre d'Orchestre en fête et c'est très excitant de les découvrir dans ce lieu improbable et urbain... Un lieu qui me donne envie de le réinvestir un jour pour de la musique improvisée. Mais ce n'est pas le thème.
Au passage, je suis bien content de ne pas avoir pris mon appareil ; ce que nous avons subi -et c'est bien le seul point négatif- avec le tâcheron en charge des photos qui seront nécessairement mauvaise vu comment il s'y est pris me confirme deux choses. Premièrement que prendre des photos dans un concert classique avec le claquement du miroir est très scabreux car il dérange autant les spectateurs que les musiciens, et deuxièmement que la photo de concert n'est pas aisé, surtout lorsqu'on ne sait pas faire claquer ce satané miroir en dehors des temps faibles.
Mais passons sur cette minuscule péripétie au regard du plaisir pris. Déjà, il y a la performance des musiciens dans une atmosphère pas simple, froid, un peu humide et acoustiquement peu adapté. Même si le programme était un peu convenu (sur le mode de la découverte et de l'ouverture de la musique savante...), il était réjouissant, a commencer par les fabuleuses danses roumaines de Bartok !
Et puis il y a la place que nous avions trouvé, car cette soirée permettait de s'asseoir au milieu de l'orchestre... Moi vais souvent voir des concerts à l'Opéra de Rouen, se retrouver l'espace d'une heure entre les hautbois, les bassons et les altos avait un côté jouissif, une forme renouvelée de stéréo, la confirmation de l'aptitude qu'à la musique à devenir physique et solide.
Bref un pied monstrueux, surtout de voir le chef, Oswald Sallaberger, de face pour une fois !

Et une photo qui n'a presque strictement rien à voir...

22_violon_soleil