Je n'achète plus Télérama depuis des années ; pour tout dire, à l'époque où nous avions encore une offre de cinéma correcte sur notre ville, soit avant ce siècle, il m'arrivait de l'acheter pour savoir ce que je ne devais pas voir... Et puis il y eut des rachats successifs, des plumes qui se retirèrent et tout ceci perdit de son sel.
Pour tout dire, même Michel Contat n'arrivait plus à m'agacer, à peine à me faire soulever (j'avais écrit souler...) un sourcil quand une chronique remachait un artiste suranné et prévisible.
Cette semaine, en passant à la gare, j'ai découvert la une de Télérama et ça m'a presque attristé. "Benjamin Biolay, chanteur de l'année" titrait l'organe centrale des discussions de salles des profs.
Benjamin Biolay.
Faut il avoir amorcé une dépression grave, être au fond du trou, vivre dans un pays ou la culture est sous un tel boisseau pour trouver le charme et la fougue d'un grand chanteur à Benjamin Biolay ? Brassens, Barbara, Ferré... Benjamin Biolay ? Plutôt que de se regarder l'identité, pour voir si ce qui en sort est vaguement mou ou odorant, les discureurs de la Culture ferait mieux de se poser la question de l'asthénie, sans doute due aux avanies subies par les Lettres et le Savoir dans cette vieille République ces derniers mois, qui pousse l'hebdomadaire de référence à trouver du charme à Benjamin Biolay...
Alors que tout le monde sait que le chanteur de l'année, et de l'année prochaine je le prédis (on en reparle) c'est Loic Lantoine !

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