On pense souvent que la connerie n'a pas de limite, et puis au détour de veuleries quotidiennes ou de décisions absolument stupides de quelques hominidés bourrés de certitudes, on s'aperçoit que le crétinisme, dont les attendus médicaux se traduisent par l'atrophie de certaines partie du corps n'est pas seulement partie prenante de l'univers. Il est tout comme l'univers, infini et en perpétuelle évolution.
On avait connu la punition musicale, apparu il y a quelques mois dans le cerveau torturé de quelque texan consanguin en mal de lynchage et qui trouvait, dans son infinie bêtise quelque équivalent de torture dans un morceau d'Opéra italien. il n'y a pas matière à se moquer de nos voisins ricains. Je suis sur qu'elle aurait pu germer ici dans le climat actuel.
De prime abord, on pourrait penser les amateurs de jazz bien loin de ces considérations, du fait de l'esprit censément ouvert de ce choix musical. C'est malheureusement méconnaitre le milieu qui compte tellement d'intégristes et d'excommunicateurs qu'il faudra peut être un jour se faire élire avec de la fumée blanche pour pouvoir utiliser le vocable "jazz".
La preuve en est, cette nouvelle que nous livre le Guardian à propos de spectateurs espagnols appelant la Police afin de porter plainte contre le saxophoniste Larry Ochs qui ne serait pas assez Jazz. on a beau vouloir en rire, on tombe de sa chaise ; d'autant que les pandores, loin de succomber, ont mené l'enquête ! (parait même que le commissaire Delaunay a été envoyé sur les lieux ;-) ).
Alors évidemment, c'est drôle. On ne peut que rire devant un tel summum de connerie. On pourrait rappeler que le frère de notre président bien aimé l'autre avait récemment fait un scandale semblable dans un club parisien, et l'on se dirait que le manque d'ouverture culturel est à la fois partagé équitablement dans les nations occidentales et qu'elle résulte peut être d'un marqueur génétique qu'il conviendrait peut être de détecter avant trois ans...
En tout cas, je souhaite bon courage au juge ibère qui aura à déterminer dans son jugement ce que c'est que le jazz. Personnellement, ça fait vingt ans que j'essaye de fuir avec obstination ce genre de débats stupide et délétère qui attise peut être les défenses pavloviennes de quelques colliers de barbes parfumés à l'amsterdamer sur de leurs fait et de leurs certitudes. Et cela, juste pour le plaisir pour continuer à trouver le jazz en baguenaudant de ci de là, loin des chapelles et des orthodoxies vermoulues. On ne s'en porte pas plus mal...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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