Le buzz, ce chuchotis franchement pathétique, devient vraiment lassant tant il ronge par le trognon toutes formes de pensée à peu près construite. Et il faut bien constater que sur l’ensemble de la presse « classique », il n’y a plus que ça qui compte : regarder un journal sur France 2 en ce moment, donne des envies de RTBF encore plus saillantes que d’habitude. Lorsqu’ils ne se déchirent pas sur l’iconographie, c’est un reportage sur les médicaments contre la gueule de bois qui ferait passer BFM TV pour le monde Diplo.
Mais il parait que c’est la faute à Twitter et aux réseaux sociaux, disent les doctes sophistes à mèche qui ne supportent pas de voir l’information échapper au giron de leurs intérêts de classe. La position ambivalente se révèle confortable : dénoncer le marigot des informations de la presse servile en l’imputant à ceux qui la subisse et s’y accoutume.
Amusant, parce que justement lorsqu’avec des outils adaptés, un peu de temps, d’intérêt et de connaissance, on peut se construire des fils d’actu qui délaissent les infos poubellisées et les épilepsies médiatiques qui font le bonheur des chaînes d’information continues.
Depuis quelques semaines que j’ai décidé de ne même plus m’intéresser dans l’arène médiatique française aux éructations populistes et stupides des animateurs en chef de la caravane des petites phrases, des provocations rances comme de la sueur froide de pétochard, des rodomontades internationales de coq de concours en représentation dans des sommets inutiles et des lipdubs (en français, lie de daube) moisis qui évoquent les activités gériatres d’un epahd de province, le sentiment qui prévaut est celui de la libération des neurones.
Ce n’est même pas que ça ne m’intéresse pas, c’est bien pire. Ca évoque le vrombissement d’un mauvais bourdon qui se chasse avec un journal roulé. Qu’il soit électronique ou non, il convient simplement de choisir le bon.
Pour le reste, je crains d’être d’accord avec Todd quand il « pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique. (…)Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre. » et que c’est à ça qu’il faut réfléchir, plutôt que de dauber sur la dernière vidéo piteuse où de jeunes pintades avec un pull sur les épaules se couvrent de ridicule pour le simple plaisir d’exister.
Parce que le ridicule et l’opprobre sont des contrefeux idéals aux pires saloperies... Après tout, les propos attribués au Président en page 2 du Canard Enchainé cette semaine ne diffèrent guère de cette analyse. Et c’est peu de dire qu’en la matière, ces derniers temps sont bien garnis.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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