En ce dernier jour de cette décennie qui aurait du voir la fin des 33 tours et qui n'en a finalement sacrifié que deux, voici, suite au "top 50" dont je vous ai gratifié depuis le début de décembre, les dix albums issus de celui-ci qui sont, pour moi, de tels indispensables qui conviendrai de les prendre sur une ile déserte... Au programme, du jazz bien évidemment... Mais pas que !

Noir Desir – Des Visages, Des Figures
Certains albums sont liés à l’air du temps, marque une période ou une époque, correspondent au temps et à l’heure. La poésie acide de Cantat, les riffs ravageurs de Teyssot-Gay, les explosions du sax d’Akosh… Violence d’une musique qui ne cesse de s’élever et de quitter le rivage trop exigu de la pop. L’album, sorti par inadvertance le 12 septembre 2001, le jour d’après le début de cette décennie, chante : « C’est le grand incendie/Y’a plus de programme, y’a même plus d’heure ». La grande classe.

Liljanna Buttler – Mother of Gipsy Soul
Que dire de plus que ce que j’ai déjà écrit ici ? C’est une explosion de tristesse et de poésie, c’est une sorte de descente en profondeur dans les tréfonds de la musique des Balkans… Chacun a son blues, celui qui porte au cœur. Moi, c’est le sevdah de Liljanna Buttler.

Daniel Humair – Baby Boom
Daniel Humair est peut être le batteur qui m’a fait « tomber » définitivement dans le jazz il y a un paquet d’année. Baby Boom en 2003 est une déflagration. De celle dont on repère l’importance tout de suite, mais dont les morceaux n’en finissent de retomber. Ce disque donne le ton d’une décennie dorée pour le jazz français. Carrément.

Stephan Oliva et François Raulin – Sept Variations sur Lennie Tristano
Une des meilleures distributions de la décennie pour un disque parfait.

Octurn – 21_Emanations
J’aurai presque pu citer 80% des disques de chez Yolk. Pourquoi celui là ? Parce qu’Octurn n’est jamais où on l’attend, parce que Malik est là et ça s’entend, parce que la musique qui est développé dans cet album est une magie qui a marqué tous les adorateurs du M-Base et qu’il est un pont dressé continuellement entre les jazzmen européen, ainsi qu’entre toutes les musiques.

Gilad Atzmon – Musik (Rearranging the 20th Century)
Une vision messianique de la musique du XXème siècle et de son industrie, de son devenir dans une sorte de poésie désabusée qui va si bien à Gilad Atzmon, surtout lorsqu’il embarque avec lui le sorcier Wyatt. J’ai toujours la chair de poule quand je mets ce disque car la musique me parle en déraison. Je me demande encore pourquoi il n’est pas dans les racines du bien, puisqu’il fait partie des racines, et qu’il est bien ;-)

Elise Caron – Euridyce Bis
Elise Caron, parce que c’est l’une des musicienne les plus importante de cette décennie. Et je peux écouter ce disque tous les jours avec le même ravissement.

Yves Rousseau – Poète, vos papiers
A l’époque où le magazine « Full of Sound » existait encore, j’avais pu dire dans ses colonnes tout le bien que je pensai de ce grand disque qui m’accompagne toujours, dans la définition parfaite du « Disque de chevet ».. Les textes de Léo, Les voix de Jeanne Added et de Claudia Solal et l’un des plus beau quartet français… Et puis Marguet  à la batterie sur « où va cet univers » !

Laurent Dehors – Happy Birthday
Parce que parmi tous les beaux disques que nous a sorti Laurent depuis dix ans, je fus incapable d’en dire un plus que l’autre. Dommage à Glenn, longtemps en ballotage ou si Carmen était sorti en disque… Mais finalement celui-ci, parce qu’il synthèse toute l’aventure, la belle aventure de Tous Dehors.

Stéphane Kerecki – Houria
Parce que ce disque est comme un alcool charpenté, qu’il est magnifiquement écrit et que je suis certains qu’on parlera encore de celui-ci dans dix ans…

Quant aux deux labels de la décennie, pour moi, et ça ne sera pas une surprise pour les plus fidèles de mes lecteurs, ce sont Yolk et Hat-Hut. Haut la main.

Voilà donc, on en finit avec les tops comme on en finit avec la décennie… Rendez-vous en décembre prochain pour causer des disques de 2010, qui s’annonce fructueuse… A titre personnel, j’aurai dans quelques mois à éduquer des petites oreilles toutes neuves aux joies de la clarinette basse, et j’essaierai de faire passer la même passion que les (presque) 40.000 visiteurs uniques ont manifestement aimé trouver ici.
Et surtout, comme tous les ans, je vous laisse passer le réveillon en bonne compagnie. Et méfiez vous des calendriers !

17_Mamy