Parlons un peu de moi, puisque finalement, ça n'arrive jamais.
J'ai créé Sun Ship pour les photos. Puis très vite, écrire sur la musique s'est imposé comme une urgence. J'ai chroniqué des disques à la radio pendant presque 10 ans, et j'ai arrêté faute de temps. J'ai voulu reprendre cette année, mais le temps est assassin (et emporte avec lui, gningningnin).
Écrire ou parler de musique est un équilibre, et c'est pour cela que j'ai commencé à chroniquer ici... Citizen Jazz m'a proposé de participer à l'aventure, j'en remercie tous les jours ceux qui sont venus me chercher. Je ne boude pas ce plaisir bénévole. Mieux, je partage une philosophie : ne pas parler de ce qu'on n'aime pas ou qui ne nous intéresse pas, mais donner du temps et de la passion à ce qu'on aime. C'est pour ça qu'à de très rares exceptions (Grand Corps Malade, notamment, désolé) il n'y a jamais de "descente" d'albums ou d'artistes ici-bas.
La liberté de blâmer se limite pour moi, en musique, au plaisir de ne rien en dire. Je suis un électron libre, je l'ai toujours été en tout, et je tiens à le rester à tout jamais. Ne croyons pas un instant que je me justifie, au contraire. J'expose.
La semaine dernière, je me suis pris la tête à froid, sur fond de prétendue partialité, avec un acteur culturel local -désespérément local- assez aigri. Un fameux aigri qui me reprochait de ne jamais parler de lui sur ce blog ou sur CJ, en confondant manifestement totalement les deux.
On retombe là dans le désert des Tartares, l'usage et la compréhension d'Internet et de son fonctionnement. Le silencieux combat entre ceux qui croient à l'information et à l'échange, à la culture et à la passion désintéressée offerte à la première personne contre ceux qui ne vivent que la compétition, la notabilité et décrètent -puisqu'ils sont incapables de descendre ni de leurs ergots, ni de leurs égos- que toute prise de position est nécessairement suspecte et calculée, puisque c'est ainsi qu'ils ont installé une gloriole qui se délite avec le temps, l'âge, les casseroles et l'aigreur. La difficulté de différencier, chez les personnes chatouilleuses et manifestement définitives, la distance du journalisme et l'implication du blogueur...
Depuis quelques mois, je reçois régulièrement des témoignages et des mots gentils de musiciens dont j'aime le travail qui me remercient ou me linkent, que je garde jalousement parce que j'écris pour des disques et des concerts auxquels je crois, profondément.
Régulièrement, la médiathèque de Liège utilise mes billets comme notice des disques de jazz. Aujourd'hui, Mediamus de la médiathèque de Dôle a écrit un commentaire sur Twitter qui me ravit. Pas pour moi, mais parce que c'est la preuve que je ne défend pas ce à quoi je crois dans le vide.
Voilà. On continue l'aventure de Sun Ship, avec un nouveau défi. Transmettre ces passions et ces transports aux nouvelles petites oreilles qui vont m'arriver bientôt.

Rien à voir ? Ben si pour une fois... Vraiment hors du commun, ce billet...

02__Julien_Loutelier