Évidemment, c'est facile. C'est très facile même. On aurait pu évoquer les quelques disques reçus aujourd'hui, et notamment l'album du turntablist Jonathan Fenez, Monotype, qui date un peu mais que j'ai eu envie de réécouter il y a peu, et dont on reparlera bien vite.
On aurait pu évoquer également cet article d'une violence inouïe sur les "labels collaboratifs" et les attrapent-nigauds qui pullulent en ce moment pour capter la naïveté et la candeur d'une vie d'artiste fantasmés, qui me fait plaisir, parce que j'avais été pas loin d'écrire la même chose (en moins précis) il y a quelques semaines...
Mais finalement, pourquoi bouder son plaisir quand un sophiste à mèche se mange avec une classe toute académique un rebord de trottoir à la vitesse d'un descendeur olympique ?
C'est vrai que c'est facile de se moquer de BHL. D'abord parce que des journaux sérieux le font bien mieux que nous, et avec une réjouissante régularité. Ensuite parce que chacun à en mémoire une prise de position  (ou de part de tarte) de cette étrange animal médiatique qui fait rire dans les longues soirées d'hiver.
Alors forcément, lorsqu'on apprend que dans un développement pénible, BHL, voulant évoquer Kant a cité Jean-Baptiste Botul, on s'esclaffe. On rigole, parce que manque de bol, Botul n'existe que dans le cerveau rigolard d'un journaliste du Canard Enchainé (on en salive d'avance en attendant mercredi) qui a écrit un "faux livre" de philosophie... Le Philosophe estampillé (trade Mark et tout le toutim) ne l'aura pas remarqué... Plus ridicule, peut-être, on peut trouver Finkielkraut s'en prenant à Underground de Kusturica.
C'est peut être là qu'on trouve l'explication de la défiance générale de cette génération "d'intellectuels" médiatiques autoproclamés pour le web (même si, soyons honnêtes BHL a une position plus correcte que les autres). C'est que finalement, aucune connerie ne passe plus inaperçue...
J'en ris encore.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir. J'ai envie de Finlande en ce moment...

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