Y'a le soleil qui se réveille et j'ai la tête qui vibrionne entre l'envie d'écrire et celle de sortir, avoir le corps en vacances et l'esprit dans l'avenir... Drôle de sensation, porté peut être également par la lourde et puissant clarinette contrebasse de ce cher Braxton qui m'accompagne depuis quelques heures et dont, avec les trois disques reçus ces derniers jours, on va parler longtemps ces temps-ci je le sens...
En général, quand je me plonge comme ça dans la profonde déchirure d'une clarinette, le casque sur les oreilles en essayant de ne plus rien entendre, c'est que je me sens tellement éloigné des préoccupations futiles imposés comme éléments de conversations par les médias que je me réfugie moi-même dans une activité perçue par la plupart de nos congénère comme futile et chronophage, la plongée en apnée dans la densité musicale. Et je vous assure que bien des fois c'est presque pénible de remonter à la surface...
Dans les discussions de comptoir ou de transports en commun, reflet des médias, la présence incongrue par sa place et son importance donnée aux secrets d'alcôve et à l'hypothétique coucherie entre oisifs germanopratins dans les coulisses du pouvoir me font le même effet qu'un disque de Grand Corps Malade ou qu'un Mister Freeze tiède... Un éternel bégaiement en ennui et dégoût... L'emballement médiatique, celui qui fait perdre toute raison et tout concept, celui qui favorise l'info pour l'info, fait fuir le temps suspendu et le pas de côté. Cette course me devient de plus en plus insupportable.
J'ai beau savoir que quand les médias montre l'emballement médiatique, c'est pour que surtout on ne regarde pas leur doigt et qu'il conviendrait de s'intéresser à tout ce qui peut se passer pendant que tout le monde reluque ailleurs, mais c'est épuisant... Et la musique est si belle...

Et une (vieille) photo qui n'a strictement rien à voir...

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