Il semble acquis désormais que ni Hadopi, ni toutes les mesurettes prises pour essayer de nier la réalité d'un marché et d'une distribution de la musique en pleine mutation n'aie servi à grand chose, mis à part peut être à accélérer le mouvement de balancier et à obérer totalement le marché du disque physique comme une réalité tangible et qui sera toujours existante. Nous nous posons régulièrement la question ensemble, ici, de l'évolution de cet avenir, mais cette question cruciale anime tous ceux que le disque et la musique intéresse.
C'est le cas de l'excellent blog de Sawnd, dont je ne partage pas toujours le point de vue, mais qui expose toujours de manière très documenté une réflexion extrêmement riche sur la question de l'économie de la musique. Il faut lire l'article du début de cette semaine concernant les trois scenarii envisageable concernant le futur de la musique. S'il convient raisonnablement de se ranger au point de vue du blog sur le "scénario 3" en envisageant effectivement que "le modèle de la musique est tellement bouleversé qu'il est probable qu'il profite à des acteurs qui ne sont pas encore clairement identifié.", il faut aussi regretter que la réflexion semble acter le fait que lle support musical "physique" ait disparu, ou qu'il est tellement mal en point que l'heure de son décès a été confié aux compteurs à rebours de la NASA !
Au contraire, il faut envisager l'avenir du disque "physique" avec un scénario proche du vinyle. C'est à dire un avenir se partageant entre collectionneurs jaloux (qu'on pourra appeler également vieux con rétrograde, je m'en tape, je m'inclus dedans quand même !), snobisme de l'objet ou goût pour les contenus. Et c'est peut être justement ces acteurs là, ceux qui pressent -déjà- du CD amoureusement et en petite quantité, ceux qui produisent de la musique pour la musique et pas pour le marketing et les sonneries de portables qui ne sont pas encore clairement identifié dans leur globalité...
C'est exactement ce que je défend lorsque je parle des petits labels et du fameux modèle économique de la micro-brasserie (désolé de toujours mettre ce lien, les lecteurs fidèles n'auront qu'à pas cliquer !) ; il y a une vivacité dans la niche de la musique dont je parle principalement dans ces pages, et qui doit se trouver dans les dernières touffes de poils de la long tail qui laisse penser qu'effectivement ce marché du disque là n'est pas menacé par la banqueroute... Tant que les réseaux de prescriptions, les discothécaires pointus et les lieux de spectacles vivants ne sont pas menacés, ce qui n'est pas gagné tant que la politique culturelle actuelle continuera de sévir.
Il est à craindre -ou à espérer- qu'on n'en ai pas fini des discussions sur ce passionnant sujet...

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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