On n'a pas eu le temps de parler du "jeu de la mort", passé sur France 2 il y a quelques semaines, avant tout parce qu'il n'apprenait finalement rien à celui qui le regardait convaincu. Oui, la télévision est un accélérateur d'idées reçues et un régulateur social comme tous les Machiavel du monde en ont jamais rêvé...
Il n'y avait pas besoin finalement de ce genre de Spectacle supplémentaire pour savoir qu'un présentateur, même aussi charismatique qu'un jambonneau de mer, même n'ayant comme seule arme qu'un tube de blanchisseur de dents en parfait état de marche peut envoyer des troupes entières de spectateur dans les tréfonds de la pensée en boîte et de la "communauté d'émotion".
Aussi, il n'y a pas de surprise lorsqu'on découvre chez Acrimed un mail envoyé par la production d'une émission a visée culturelle envoyé à des associations de défense de chômeurs et précaires pour demander un "panel" de précaires qui seraient envoyés à la télé pour "dire" à Michel Drucker et au ministre en papier-bible "qu’il n’a pas assez d’argent pour emmener ses enfants au cinéma, au théâtre..."
Ce n'est pas formidable ? On ne cherche pas à inviter des précaires pour qu'il parle de leur réalité de la Culture, ou de la difficulté d'obtenir de la culture à la télévision, ou pour dire que lorsqu'on n'a rien dans le bide, les nourritures de l'esprit, bon, ben disons que ça fait pas le repas, surtout si on s'en sent bien exclut par des politiques culturelles qui ne favorisent pas le passage et la pédagogie, qui marginalisent les bibliothèques et pénalisent le téléchargement et la mise à disposition de la Culture, même si l'on sait que c'est ce qui fait venir les gens à la Culture, sans se poser la question en ce sens...
Non.
On préfère demander à des associations "qui connaissent ces gens-là" de leur fournir sur un plateau -c'est le cas de le dire- un pauvre bien méritant qui aurait la lacrymale disponible pour dire que ces salauds des salles subventionnées font payer bien trop cher leurs spectacles élitistes, et que le cinoche, ça coute cher en pop-corn.
on pourrait imaginer que, comme précaire, on pourrait inviter des intermittents du spectacle qui pourraient expliquer que si la culture est moins accessible, c'est parce que on mets les mets sous le boisseau et que pour crouter il faut parfois accepter de faire le Mickey dans des spectacles honteux ou de scier son violoncelle d'un sol majeur répétitif derrière un benêt de variétoche qui veut faire philharmonique.
Non.
On préfère bien mettre sous contrôle tout cela pour laisser le ministre confortablement expliquer combien la politique culturelle du pays, c'est limite trop bien. Et au combien il faudrait faire du populaiiiiiiiiiiiiiire, avec cette légère inflexion dans la voix qui sent le passage de main dans le dos condescendant sous l'œil bienveillant de l'homme au canapé rouge.
Même pas besoin de regarder l'émission pour la connaître. Comme quoi Le jeu de la Mort et ses décharges électriques était superfétatoire... Les décharges de mépris existent depuis bien plus longtemps à la télévision.

Et une photo qui n'a strictement rien à voir...

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