A force de coller du papier peint et de tapoter sur des morceaux de bois sans rythmique particulières, dans le but avoué d'y faire rentrer une cheville ou un clou, à force de découper du carton afin qu'icelui rentre de manière plus idoine dans la poubelle, j'ai moyennement suivi l'actualité. D'autant plus qu'entre la danse du ventre de la Crise-financière-vous-parle-tous les jours-à-20h et les braiments gouvernementaux, donnerait plutôt envie de passer son temps à coller de la moquette.
Il faudrait cependant être totalement déconnecté de la réalité -ou instit à la retraite- pour ne pas avoir entendu parler du nouvel os à ronger des rédactions : les apéros fessebouc.
Après avoir remâché de la rumeur bien grasse et des tirs aux buts bavarois pendant quelque semaine, un fait divers opportun vient déclencher une nouvelle tempête médiatique et un nouveau buzz qui va s'user jusqu'à la corde jusqu'à temps qu'on découvre qu'un chien plein de dents ça peut mordre ou que les kebabs sont trop gras pour que la Turquie rentre dans l'Europe.
Bref, un truc d'une rare portée intellectuelle qui fait le sel de la presse de proximité de nos jours. Et qui permet surtout de regarder ailleurs et produisant un vrombissement continuel, assourdissant et délétère.
Enfonçons des portes ouvertes, à l'unisson des réactions qui ont déjà pu être lu ça et là et notamment sur Twitter, ce que rapporte l'excellent article de Rue 89 ou le billet de Guy Birenbaum ; l'esprit grégaire de facebook a-t-il finalement quelque chose à voir avec le triste fait divers nantais ? L'alcoolisation massive de jeunes gens qui ne voient plus trop ce que l'avenir peut leur proposer et qui se défoncent a-t-il attendu l'avènement d'un minitel amélioré sur fond bleu ? Faut il chercher les circonstances où les causes ? Ce que n'importe quel conglomérat de jocrisses dans des festivités telles que la fête de la Musique, les championnat du monde de tracteur-pulling ou n'importe quelles ferias peut causer comme déboire doit-elle être montré du doigt lorsqu'il s'agit d'Internet ?
Bien sur, puisqu'Internet, c'est le mal.
Nous revoici dans le désert des Tartares. Déjà, une réunion est prévue. Le gouvernement va nous montrer ce que sait que de brasser de l'air dans une bulle médiatique. Tout le monde est sur le qui-vive... C'est incroyable de voir à quel point nos dirigeants ont un problème avec cet outil, pour lui coller tous les maux alors même qu'il n'est qu'une chambre d'écho de notre société. Une chose est sure en tout cas ; les "phénomènes de sociétés" à la sauce médiatique n'ont pas finis de nous désocialiser...

Vite, une photo qui n'a strictement rien à voir !

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